Le festival

Actualités

Toutes les actualités concernant le festival

9 janvier 2026

La Guerre en Ukraine au cœur du festival

Quatre ans. Peut-être le temps nécessaire au cinéma pour assimiler et intégrer un événement historique d’aussi grande ampleur. Au FIFP, nous avons l’habitude de voir surgir l’histoire dans les films qui nous sont proposés avec un temps de décalage entre le cinéma et, par exemple, l’un des autres piliers de la démocratie qu’est le journalisme. "Ukraine, le fardeau de la guerre" : un panel exceptionnel dimanche 18 janvier

La présence forte de la guerre en Ukraine dans la programmation de cette 8e édition ainsi que la venue des équipes des films, amène le festival à proposer une discussion, en public, dimanche 18 janvier, pour aborder le poids de la guerre en Ukraine au plus près de la vie quotidienne.

Cette rencontre sera en anglais, sous-titrée en français. 

Les premiers Intervenant-e-s prévus pour cette rencontre :

Alexander Rodnyansky co-réalisateur de NOTES OF A TRUE CRIMINAL
Il est l'une des figures les plus puissantes et symboliques du cinéma contemporain. Fondateur de 1+1, la première chaîne de télévision indépendante d'Ukraine, il a été le premier à déceler le potentiel de Volodymyr Zelensky en produisant ses premiers succès. Après avoir mené une carrière de producteur d'élite en Russie (nommé deux fois aux Oscars pour Léviathan et Faute d'amour), il a rompu radicalement avec le Kremlin dès février 2022. Désigné « agent de l'étranger » puis condamné en 2024 à 8 ans et demi de prison par le régime de Poutine pour ses prises de position anti-guerre, il est aujourd'hui une voix majeure de la résistance culturelle ukrainienne en exil.

Pavel Talankin, co-réalisateur de MR NOBODY AGAINST PUTIN
Ancien enseignant et vidéaste dans une école primaire de l’Oural, Pavel Talankin a filmé de l’intérieur la mise en place de la propagande patriotique dans le système éducatif russe après le début de la guerre en Ukraine. Au péril de sa sécurité, il a transformé sa caméra en acte de résistance, conservant ces images jusqu’à son exil. Mr Nobody Against Putin offre un témoignage rare et intime sur l’endoctrinement, le pouvoir et le courage de dire non.

Marcus Lenz, co-réalisateur de SHARDS OF LIGHT
Cinéaste et directeur de la photographie allemand, Marcus Lenz a bâti une carrière rigoureuse à l'intersection du réalisme social et de la tension dramatique. Formé à la prestigieuse DFFB de Berlin, il s'est fait connaître pour sa capacité à filmer l'invisible : les vies à la marge, les zones grises de l'exil et les confrontations humaines aux frontières de l'Europe. Son travail, récompensé dans de nombreux festivals internationaux, explore la responsabilité individuelle face aux politiques migratoires, faisant de lui un observateur essentiel des fractures du continent européen.

Anne Marte Blindheim, scénariste et productrice de FACING WAR
Productrice et scénariste norvégienne, Anne Marte Blindheim s'est spécialisée dans le documentaire de haut vol capable de bousculer les consciences. Au sein de la scène audiovisuelle scandinave, elle est reconnue pour sa rigueur journalistique et son courage éditorial. Elle se consacre à la mise en lumière de zones de gris, traitant aussi bien de l'éthique en zone de conflit que de la responsabilité des démocraties occidentales. Sa carrière témoigne d'un engagement constant pour un cinéma qui sert de contre-pouvoir et de témoin de l'histoire immédiate.

Yves Jeuland, réalisateur du film ZELENSKY
Né à Carcassonne, Yves Jeuland s’est imposé comme une figure majeure du documentaire politique, en France comme à l’international. Spécialiste des films d’archives et du cinéma direct, il a suivi de près les rouages du pouvoir, de Georges Frêche (Le Président) à François Hollande (Un temps de Président). Plus récemment, il s’est intéressé au parcours de Volodymyr Zelensky, racontant l’ascension hors norme d’un acteur devenu chef de guerre. Depuis une trentaine de films, son travail explore l’exercice du pouvoir avec une distance toujours lucide, entre regard critique et sens de l’observation.

Quatre ans, six films

Avec cinq longs métrages et un court métrage qui évoquent directement - de près, très près et d’un peu plus loin - ce conflit, la guerre en Ukraine se retrouve donc au cœur du Festival cette année. Et elle donnera lieu à une rencontre exceptionnelle avec des équipes ayant participé à ces films, le dimanche 18 janvier, pour ce qui s’annonce déjà comme l’un des temps forts de cette huitième édition.

FACING WAR

Parmi ces œuvres - une fiction et cinq documentaires - on compte pas moins de trois premières françaises, à commencer par l’événement que constitue la première projection devant le public français de FACING WAR, le film époustouflant du norvégien Tommy Gulliksen. Sa caméra a accompagné, jusque dans des lieux et des situations jamais filmées, le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg, l’homme qui avait accepté à la demande de Joe Biden de prolonger sa mission à la tête de l’organisation pour justement faire face à la guerre en Ukraine ! Questionnant les dynamiques géopolitiques, le poids et les fonctionnements internationaux des régimes autoritaires et évidemment celui des conflits armés actuels, FACING WAR est une œuvre majeure.

Lundi 19 janvier à 18h à l'Odéum et dans toutes les salles du Colisée.

 

NOTES OF A TRUE CRIMINAL

NOTES OF A TRUE CRIMINAL réalisé par Alexander Rodnyansky et Andriy Alferov est une fresque monumentale sur l’histoire de l’Ukraine, de la Première Guerre Mondiale aux massacres des juifs de Babi Yar, de la catastrophe de Tchernobyl à l’indépendance des années 90. Le spectateur est entraîné dans un magma d’images diverses (archives, extraits des films du réalisateur...) qui racontent de manière très personnelle ce que veut dire appartenir au peuple ukrainien, tout au long du XXe siècle, et peut-être encore plus depuis l’invasion russe.

Dimanche 18 janvier à 8h30 au Dôme.

Lundi 19 janvier à 8h30 au Colisée (Salle 2).

 

SHARDS OF LIGHT

Lorsque la guerre a tout détruit, le quotidien doit se réinventer, se reconstruire autour de petites victoires sur l’adversité, de petits riens qui font tout, et qui permettent d’esquisser une reconstruction physique et intime. C’est ce lent processus que décrivent Mila Teshaieva et Marcus Lenz avec leur film SHARDS OF LIGHT, qui capte ce qu’il reste de la ville de Boutcha après que l’invasion russe a reflué et alors qu’il s’agit désormais de compter ses morts, de rassembler ce qu’il reste et qui servira de base pour envisager un nouveau futur.

Dimanche 18 janvier à 8h30 au Colisée (Salle 3) et à 13h30 à l'Odéum (Amphithéâtre).

 

MR NOBODY AGAINST PUTIN

Les images incroyables d’un enseignant russe. Pavel, instituteur dans une petite ville industrielle de Russie, filmait tout dans son école pour garder des souvenirs : les chorales, les fêtes, les enfants qui grandissent. Puis la Russie envahit l’Ukraine et tout bascule. Jour après jour, la caméra de Pavel, capte la transformation glaçante de son établissement en machine de propagande. Pavel comprend qu’il recueille des preuves d’un système qui transforme l’école en outil d’endoctrinement. MR NOBODY AGAINST PUTIN, coréalisé avec David Borenstein, offre une matière rare : un réel que l’état russe s’efforce de taire. Une plongée sensible, parfois bouleversante, dans la naissance de l’endoctrinement et le courage fragile qu’il faut pour résister, celui d’un homme ordinaire qui refuse de se taire.

Samedi 17 janvier à 16h30 au Dôme.

Lundi 19 janvier à 13h30 au Colisée (Salle 3).

 

LE MAGE DU KREMLIN

Aussi, LE MAGE DU KREMLIN complète ce cycle, non qu’il traite directement de la guerre en Ukraine, mais parce que le dernier film d’Olivier Assayas, adapté par le réalisateur et par Emmanuel Carrère du livre de Giuliano Da Empoli, éclaire le fonctionnement du régime actuellement à la tête de la Russie, et du « tsar » Poutine. Cette avant-première prestigieuse, qui présente notamment Jude Law au casting, devrait donner lieu à un débat passionnant.

Samedi 17 janvier à 20h au Dôme.

Lundi 19 janvier à 10h30 au Colisée (Salle 11).

 

VOLTIGE

Enfin, à l’affiche de la sélection officielle des courts métrages, la découverte en première française de VOLTIGE, un film canadien de Luiza Cocora, qui suit le quotidien d’Anna, une gymnaste ukrainienne de 12 ans que la guerre a contraint à l’exil au Canada. Un film où plane aussi l’ombre d’une guerre dont le cinéma, c’est certain, n’a pas fini de s’emparer.

Rappelons que les courts métrages seront projetés cette année à La Boîte, le nouveau lieu du Festival, 45 rue Jean-Bringer dans le centre-ville de Carcassonne.

 

Réservez votre place sur votre espace billetterie !