Guide programme
Jeudi 15 janvier 2026
DEAR MOTHER et ORAZIO VOLA
2 des 6 courts métrages en compétiton
MEMORIA COLLECTIVA & IL FAUDRA QUE JE ME SOUVIENNE
2 films des 6 courts-métrages en compétition
L'ENFANT À LA PEAU BLANCHE & VOLTIGE
2 courts-métrages des 6 en compétition
DEAR MOTHER et ORAZIO VOLA
2 des 6 courts métrages en compétiton
MEMORIA COLLECTIVA & IL FAUDRA QUE JE ME SOUVIENNE
2 films des 6 courts-métrages en compétition
L'ENFANT À LA PEAU BLANCHE & VOLTIGE
2 courts-métrages des 6 en compétition
DEAR MOTHER et ORAZIO VOLA
2 des 6 courts métrages en compétiton
MEMORIA COLLECTIVA & IL FAUDRA QUE JE ME SOUVIENNE
2 films des 6 courts-métrages en compétition
L'ENFANT À LA PEAU BLANCHE & VOLTIGE
2 courts-métrages des 6 en compétition
DEAR MOTHER et ORAZIO VOLA
2 des 6 courts métrages en compétiton
MEMORIA COLLECTIVA & IL FAUDRA QUE JE ME SOUVIENNE
2 films des 6 courts-métrages en compétition
L'ENFANT À LA PEAU BLANCHE & VOLTIGE
2 courts-métrages des 6 en compétition
Synopsis
Audrey, défenseuse du bio et du local, est cheffe du rayon produits laitiers d’une grande enseigne. Repérée par sa hiérarchie, elle rejoint la centrale d’achat. Accompagnée par un vétéran des négociations annuelles, Audrey sera confrontée à ses paradoxes de jeune femme idéaliste et revancharde.
Le mot du comité de sélection - Henzo Lefèvre
C’est un premier long-métrage plus que réussi qu’Anthony Dechaux nous propose. Une fiction singulière qui nous plonge au cœur d’un enjeu quotidien : l’alimentation. Là où le cinéma politique a souvent exploré le monde agricole, LA GUERRE DES PRIX se distingue en révélant l’univers impitoyable, mais humain, des centrales d’achat de la grande distribution. Porté par des interprètes remarquables tels qu’Ana Girardot, Olivier Gourmet et Julien Frison, le film nous offre un regard à la fois percutant et sensible sur les rouages d’un système qui nous concerne tous. Le festival est fier et honoré d’ouvrir sa 8ᵉ édition avec l'une des premières projections de cette œuvre rare et essentielle.
Synopsis
Séance en partenariat - Sooner / Dans la campagne brésilienne, une famille s'occupe de son patriarche alité. Elle voit son quotidien bouleversé quand une infirmière leur propose un drôle de marché : mettre leur aïeul en maison de retraite et accueillir à la place un baron de la drogue argentin qui a besoin d'un endroit où se cacher.
Le mot du comité de sélection - Robin Berthomieu
Nous sommes très heureux de présenter le premier long-métrage de Carolina Markowicz, en partenariat avec Sooner, fidèle soutien du festival depuis trois ans. Avec CHARCOAL, la réalisatrice nous plonge dans le quotidien d’une famille très modeste vivant dans la campagne de São Paulo, dont le patriarche est en fin de vie. Approchés par une infirmière aux intentions douteuses, ils acceptent d’héberger en secret un baron de la drogue en fuite, s’enfonçant volontairement dans une situation aussi absurde que dangereuse. Reflet de la société brésilienne contemporaine, cette famille voit dans cet homme une figure d’autorité et une source inattendue de revenus, entre fascination, opportunisme et résignation. Entre critique acerbe et humour absurde, Carolina Markowicz signe un film profondément politique, porté par des interprétations d’une grande justesse.
Vendredi 16 janvier 2026
Synopsis
Achever un texte ne veut pas dire être publié, être publié ne veut pas dire être lu, être lu ne veut pas dire être aimé, être aimé ne veut pas dire avoir du succès, avoir du succès n'augure aucune fortune. À Pied d’œuvre raconte l'histoire vraie d'un photographe à succès qui abandonne tout pour se consacrer à l'écriture, et découvre la pauvreté.
Le mot du comité de sélection - Régine Arniaud
Valérie Donzelli, actrice, réalisatrice, autrice, une artiste totale et atypique. Elle vit sa vie et son art à son gré, sans trop s'embarrasser des modes, des exigences et des contraintes que la puissante industrie du cinéma impose. Le public la connait surtout depuis son 2ème long métrage, le très beau LA GUERRE EST DÉCLARÉE, sorti en 2011, co-réalisé et interprété avec son compagnon de l'époque, Jérémie Elkaïm. Ce film d'une autobiographie assumée, raconte le courage de deux parents qui vont au combat, pour sauver leur enfant gravement malade. Valérie Donzelli y raconte déjà, la vie des gens, leurs épreuves, leurs victoires. « Juste quelqu'un de bien, le cœur à portée de main, sans grand destin, juste quelqu'un de bien... » les paroles de la chanson d'Enzo Enzo pourraient magnifiquement éclairer la plupart des personnages des films de Valérie Donzelli. Et À PIED D'OEUVRE n'échappe pas à la règle. Paul Marquet incarné par Bastien Bouillon, est un photographe à succès, il gagne très bien sa vie et il est même reconnu par ses pairs. Mais Paul Marquet n'est pas heureux, son rêve : devenir un écrivain et qui sait, peut-être même une gloire littéraire. Paul Marquet doit quitter sa femme, (interprétée par Valérie Donzelli), ses enfants et sa vie confortable pour de petits boulots qui peuvent paraître minables, mais qui lui donneront, en tout cas il l'espère, la liberté d'écrire son œuvre pendant la nuit. Valérie Donzelli pose ici la question du statut de l'artiste et elle donne une réponse qui n'est pas forcement celle à laquelle on s'attendrait... Être un artiste ce n’est pas obligatoirement la célébrité et le succès, c'est avant tout un besoin vital, c'est avoir la force et la capacité de tout sacrifier à son art. La descente de Paul Marquet dans les enfers de la précarité est décortiquée avec justesse. Il compte sou par sou ses maigres ressources, accepte n'importe quelle tâche, à n'importe quel prix, il renonce, peu à peu au confort, au jeu social, invisibilisé et humilié par une société pour laquelle seuls l'argent et la réussite comptent. Ne croyez pas que Paul Marquet est un pauvre type, un raté, un minable, il a juste choisi un autre chemin, celui de l'endurance, de la modestie. Paul Marquet est une Nina Moderne. Il pourrait s'approprier la réplique que Tchekhov a écrite pour elle dans « La Mouette » : « Dans notre métier, artistes ou écrivains, peu importe, l'essentiel n'est ni la gloire, ni l'éclat, tout ce dont je rêvais, l'essentiel, c'est de savoir endurer... ». Qui de mieux que Bastien Bouillon pour incarner Paul Marquet. Le jeune homme enchaine les rôles, comme ça, l'air de rien, sans photo en première page, sans fracas, ni grande déclaration et pourtant il est l'un des grands acteurs de sa génération, tout en nuance, en finesse et en émotion. Son Paul Marquet, silencieux, taiseux, à fleur de peau, révèle finalement les autres à eux-même, à leurs certitudes et leurs limites. À PIED D'OEUVRE est aussi un film social et politique, un dézingage des plates-formes et autres algorithmes. Il dépeint un univers du travail sous-jacent, que l'on refuse de voir, mais que l'on ne s'interdit pas d'utiliser parfois. Des travailleurs esclaves, à qui l'on distribue, pour quelques euros, des micro-tâches, que l'on note, histoire de faire encore baisser les prix et qui, au final sont exploités par des patrons déshumanisés. À PIED D'OEUVRE, un petit bijou d'émotion et de finesse, un film brillant, simple et grand...
DEAR MOTHER et ORAZIO VOLA
2 des 6 courts métrages en compétiton
Synopsis
Only on Earth nous entraîne dans un voyage immersif et visuellement saisissant au cœur du sud de la Galice, l’une des régions d’Europe les plus vulnérables face aux incendies. Durant l’été le plus chaud jamais enregistré, humains et animaux luttent pour s’adapter alors que des feux inextinguibles se rapprochent inexorablement.
Depuis des siècles, les chevaux sauvages parcourent les montagnes galiciennes, jouant un rôle essentiel dans la prévention des incendies en limitant la végétation inflammable. Mais leur nombre décline, tandis que le développement humain entre en conflit avec la nature. À travers le regard de ces chevaux, d’un jeune cow-boy, d’un analyste du feu chevronné, d’une vétérinaire passionnée et d’une famille d’agriculteurs en première ligne, le film explore la fragile harmonie entre le monde naturel et nos relations avec le vivant.
Le mot du comité de sélection - Francine Raymond
Au nord-ouest du Portugal, dans la région de Galice en Espagne, ONLY ON EARTH s’immerge dans une zone où le dérèglement climatique déclenche des incendies incessants. Le feu y devient un horizon quotidien. Sans voix-off ni explications didactiques, le film ne raconte pas, il nous plonge dans un univers. Deux personnages servent de fil rouge à ce récit où les flammes surgissent a une vitesse irréelle : un vétérinaire et un garde forestier, tous deux déterminés à protéger les habitants et les chevaux sauvages qui vivent dans ces collines. Au milieu du grondement des brasiers, des messages radio et de la fumée qui dévore le ciel, des images fortes et une atmosphère presque hypnotique. Dans ce territoire humains et animaux, confrontés au même péril, tentent de résister à une catastrophe qui les dépasse. On en ressort ébranlés, conscients que ce qui se joue ici peut se reproduire ailleurs.
Synopsis
Dans l’Irak de Saddam Hussein, Lamia, 9 ans, se voit confier la lourde tâche de confectionner un gâteau pour célébrer l’anniversaire du président. Sa quête d’ingrédients, accompagnée de son ami Saeed, bouleverse son quotidien.
Le mot du comité de sélection - Régine Arniaud
La Caméra d'Or du 78ème Festival de Cannes est l'un des films les plus efficaces, tournés récemment sur l'Irak de Saddam Hussein. Son réalisateur, le cinéaste irakien Hasan Hadi a eu l'intelligence de traiter l'absurdité et la cruauté de ce régime autoritaire, non pas frontalement, mais en arrière plan, par touches rapides presque subliminales. La présence en tout lieu, d'affiches avec la photo du dictateur, de sons de propagandes, de visages douloureux, en colère ou effrayés, sont bien plus efficaces qu'un étalage de scènes de violence. A travers le road movie de deux enfants de 9 ans, Lamia et Saeed, le réalisateur fait un état des lieux lucide et impitoyable, d'un peuple opprimé et saigné à blanc par ses dirigeants. La petite Lamia a été tirée au sort par son instituteur, elle doit confectionner un gâteau pour que son village puisse célébrer dignement, l'anniversaire du président. Mais l’Irak des années 1990 subit des sanctions internationales plongeant le pays dans la pauvreté. Peu importe, Saddam Hussein exige de son peuple des démonstrations de ferveur somptueuses pour son anniversaire. La quête d'ingrédients simples comme des œufs, de la farine, ou encore du lait, va servir de révélateur, mettant en lumière bien mieux que des discours, les difficultés que rencontrent, à cette époque, les irakiens dans leur vie quotidienne. LE GÂTEAU DU PRÉSIDENT c'est une fable, un conte pour enfant à double lecture, une mise en valeur de la débrouille et de la solidarité comme une solution à la survie. On est plus fort ensemble pourrait résumer ce film poignant, intelligent et somme toute universel.
MEMORIA COLLECTIVA & IL FAUDRA QUE JE ME SOUVIENNE
2 films des 6 courts-métrages en compétition
L'ENFANT À LA PEAU BLANCHE & VOLTIGE
2 courts-métrages des 6 en compétition
DEAR MOTHER et ORAZIO VOLA
2 des 6 courts métrages en compétiton
Synopsis
Enrico Naso est croque-mort à Lampedusa. Sans cesse confronté à la mort qui rôde partout sur ce rocher isolé au milieu de la mer Méditerranée, Enrico choisit la vie et nous plonge dans une profonde réflexion sur la définition de l’être humain. Loin des images et du temps médiatique, il se tourne vers les gestes du quotidien, la foi, les chansons et les vagues, pour garder son humanité.
Le mot du comité de sélection - Luka Martineau
L’île de Lampedusa, rocher perdu au milieu de la Méditerranée, est devenue depuis plus de dix ans le symbole des enjeux migratoires, avec ses milliers de réfugiés venus d’Afrique qui accostent ou périssent chaque année aux portes de l’Europe. C’est ici qu’Enrico exerce le métier de croque-mort, à cheval entre le monde des morts et celui des vivants, entre la méfiance d’abord, envers ces hommes et ces femmes venus de l’autre côté de la mer et l’empathie ensuite, qui affleure dans les gestes de tous les jours et les traditions ancestrales. L’humanité enfin, qui fait s’interroger sur l’essence de l’homme et son propre rôle dans les enjeux contemporains, pour devenir humanisme. Le tout en contemplant les vagues à ses pieds, alors que la mer se teinte trop souvent de rouge. Un film sensible et magnifiquement mis en scène, sur un homme qui s’occupe des défunts, mais reste irrémédiablement du côté des vivants.
Synopsis
À la fin de son mandat, le président italien Mariano De Santis, veuf et homme de foi, doit décider de promulguer une loi sur l’euthanasie tout en examinant deux demandes de grâce pour meurtre. Entre convictions religieuses, pressions politiques et souvenirs de sa femme disparue, il s’interroge sur la valeur de la vie et le sens du pardon, cherchant la frontière entre justice et compassion.
Le mot du comité de sélection - Robin Berthomieu
LA GRAZIA fait partie de ces films dont on ne peut que souhaiter la programmation au festival, tant sa justesse et sa puissance en font une œuvre incontournable. Paolo Sorrentino y met en scène Mariano De Santis, président de la République italienne, à moins de six mois de la fin de son mandat. Empli de mélancolie, il est au crépuscule de sa vie politique, mais aussi, plus intimement, de sa vie. Ayant déjà traversé six crises majeures, il se retrouve cette fois confronté à deux sujets brûlants, qui le plongent dans le doute et l’introspection : un projet de loi sur la légalisation de l’euthanasie et deux demandes de grâce présidentielle. Le duo Sorrentino–Servillo, complices de longue date, fait une nouvelle fois preuve de son excellence, l’interprétation de Toni Servillo étant tout simplement mémorable.
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2 films des 6 courts-métrages en compétition
L'ENFANT À LA PEAU BLANCHE & VOLTIGE
2 courts-métrages des 6 en compétition
Synopsis
Noam Shuster Eliassi a grandi en incarnant littéralement l’image de l’enfant symbole du processus de paix israélo-palestinien, avant d’opérer un virage radical vers le stand-up et la satire politique. Mais à mesure que la région s’enfonce dans une violence dévastatrice, elle se voit contrainte d’affronter la situation en confrontant son public à des vérités difficiles, qui n’ont, cette fois, rien de drôle.
Le mot du comité de sélection - Catherine Vaillancourt-Laflamme
En Israël, l’humour semble une « arme » bien inusitée pour faire prendre conscience de vérités qui sont, pour certaines personnes, inconfortables mais qui expliquent néanmoins les tensions extrêmes qui meurtrissent ce pays depuis des décennies. Coexistence My ass met en scène l'activiste et humoriste israélienne Noam Shuster Eliassi alors qu’elle prépare un spectacle solo, qui aborde de plein fouet -et sans scrupule - le conflit israélo-palestinien et ses causes profondes. Pendant cinq années tumultueuses, le film retrace son parcours personnel, professionnel et politique sur fond de troubles croissants. Il offre un point de vue trop peu répandu : celui d’une alternative politique progressiste, juive et israélienne qui milite résolument pour des droits égaux pour le peuple palestinien sans lesquels, aucune coexistence ne pourra exister.
DEAR MOTHER et ORAZIO VOLA
2 des 6 courts métrages en compétiton
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2 films des 6 courts-métrages en compétition
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2 courts-métrages des 6 en compétition
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2 des 6 courts métrages en compétiton
Synopsis
À Tbilissi, Zhanaa, une mère sans abri, se tourne vers la gestation pour autrui afin d’offrir une vie plus sûre à sa fille adolescente, Elene. Tentant de cacher ses grossesses à Elene, Zhanaa continue pourtant de faire face à d’importantes difficultés financières. En l’absence de réelle réglementation, elle pousse son corps à l’extrême en enchaînant les accouchements, mettant en danger ses organes et risquant sa propre vie.
Alors que la santé de Zhanaa se dégrade, Elene grandit et finit par confronter sa mère à ses choix et à leurs conséquences. À travers une amitié de plus de dix ans entre la réalisatrice et ce duo mère-fille, le film explore l’évolution de leur relation et interroge les limites du sacrifice maternel.
Synopsis
Sans logement à San Francisco, Dawn et Tony trouvent du réconfort auprès de Terry et Harry qui animent des groupes de soutien à l’église de Glide. Ils les mettent au défi de surmonter les obstacles de leur situation et de défendre leur communauté. Le film tisse ensemble leurs histoires intimes de résilience et leur lutte pour reprendre leur place dans la société…
Le mot du comité de sélection - Robin Berthomieu
Dans DE CE FEU LÀ, Corinne Sullivan et Laetitia Jacquart nous plongent au cœur de l’église Glide de San Francisco, refuge de nombreuses personnes en situation de très grande précarité, sans-abri et vivant en marge d’une société américaine profondément inégalitaire. C’est dans ce lieu, à la fois sanctuaire et espace de foi, que nous découvrons et suivons le parcours croisé de femmes et d’hommes luttant quotidiennement pour exister : pour leur survie, mais aussi pour la reconnaissance de leur place dans la société, notamment en tant que personnes LGBT.
Cette immersion dans cette communauté dévoile également, avec pudeur et authenticité, la manière dont ces personnes vivent leur foi au quotidien. L’intime est ici filmé au plus proche. Histoire profondément marquée par la résilience, DE CE FEU LÀ sera sans nul doute l’un des documentaires marquants de cette huitième édition du festival.
Synopsis
Au début des années 1990 en République tchèque, Karolína, 13 ans, décroche une place dans une chorale de jeunes filles mondialement réputée, rejoignant sa sœur aînée et d’autres jeunes talents ambitieux. Sa voix attire rapidement l’attention du chef de chœur, Machá, admiré et énigmatique. Être ainsi distinguée lui semble d’abord une victoire, jusqu’à ce qu’elle comprenne le prix troublant de ce privilège. Inspiré de l’affaire des Bambini di Praga, le film explore la frontière fragile où l’innocence se heurte à l’abus de pouvoir.
Le mot du comité de sélection - Henzo Lefèvre
Avec son long-métrage BROKEN VOICES, Ondrej Provaznik livre un film frontal et nécessaire qui nous interpelle profondément. À travers le portrait d’une chorale de jeunes adolescentes et de leur chef d’orchestre charismatique, le cinéaste explore avec une grande justesse les mécanismes de l’emprise et de la pédocrimanilité.
Sans jamais tomber dans le spectaculaire ni le sensationnalisme, le film s’attache avant tout à montrer comment l’abus s’installe, comment il se dissimule derrière l’autorité, l’excellence artistique et le respect social. Mais au-delà des faits, BROKEN VOICES interroge surtout nos sociétés : celles qui ont détourné et qui, trop souvent encore, continuent de détourner le regard. Le film met en lumière les lâchetés individuelles et collectives, les silences institutionnels, les inconsciences, qui permettent à l’irréparable de se produire.
Par sa mise en scène précise et sa délicatesse de regard sur ses jeunes personnages, Ondrej Provaznik signe une œuvre à la fois bouleversante et salutaire, qui nous oblige à affronter une réalité dérangeante et à questionner notre responsabilité collective face aux situations d’abus.
MEMORIA COLLECTIVA & IL FAUDRA QUE JE ME SOUVIENNE
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L'ENFANT À LA PEAU BLANCHE & VOLTIGE
2 courts-métrages des 6 en compétition
DEAR MOTHER et ORAZIO VOLA
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L'ENFANT À LA PEAU BLANCHE & VOLTIGE
2 courts-métrages des 6 en compétition
Synopsis
Vincent travaille au sein d’une équipe de nuit sur le chantier de Grand Ciel, un nouveau quartier futuriste. Lorsqu’un ouvrier disparaît, Vincent et ses collègues suspectent leur hiérarchie d’avoir dissimulé son accident. Mais bientôt un autre ouvrier disparait.
Le mot du comité de sélection - Annick Pillosio
Ce film du japonais Akihiro Hata plante un décor fort : un immense chantier nocturne , celui du futur quartier Grand Ciel, où se croisent travailleurs de nuits , ouvriers étrangers ; ce lieu devient un personnage à part entière et le réalisateur capte très bien une sensation d’étouffement et d’abandon .Deux personnages émergent de tous les autres , qui sont deux figures opposées de la relation au travail , l’un Vincent , nouveau venu , ( joué par un Damien Bonnard ambigu à souhait ) en proie à des grosses difficultés financières et prêt à tout tandis que Saîd , ( interprété par Samir Guesmi ) est plus préoccupé par la sécurité des ouvriers et le respect de leurs droits . Utilisant des éléments du décor, l’ascenseur aux cliquetis métalliques, l’aspect quasi identique des salles dans des teintes bleu gris, le réalisateur réussit à faire monter l’inquiétude tandis que des ouvriers commencent à disparaître. GRAND CIEL est un film à l'esthétique remarquable, qui interroge le sens du travail et la place de l'homme dans des projets de construction d'une ampleur impressionnante. Plus méditatif que sensationnel, ce long métrage invite à réfléchir sur ces thématiques profondes.
Synopsis
Achever un texte ne veut pas dire être publié, être publié ne veut pas dire être lu, être lu ne veut pas dire être aimé, être aimé ne veut pas dire avoir du succès, avoir du succès n'augure aucune fortune. À Pied d’œuvre raconte l'histoire vraie d'un photographe à succès qui abandonne tout pour se consacrer à l'écriture, et découvre la pauvreté.
Le mot du comité de sélection - Régine Arniaud
Valérie Donzelli, actrice, réalisatrice, autrice, une artiste totale et atypique. Elle vit sa vie et son art à son gré, sans trop s'embarrasser des modes, des exigences et des contraintes que la puissante industrie du cinéma impose. Le public la connait surtout depuis son 2ème long métrage, le très beau LA GUERRE EST DÉCLARÉE, sorti en 2011, co-réalisé et interprété avec son compagnon de l'époque, Jérémie Elkaïm. Ce film d'une autobiographie assumée, raconte le courage de deux parents qui vont au combat, pour sauver leur enfant gravement malade. Valérie Donzelli y raconte déjà, la vie des gens, leurs épreuves, leurs victoires. « Juste quelqu'un de bien, le cœur à portée de main, sans grand destin, juste quelqu'un de bien... » les paroles de la chanson d'Enzo Enzo pourraient magnifiquement éclairer la plupart des personnages des films de Valérie Donzelli. Et À PIED D'OEUVRE n'échappe pas à la règle. Paul Marquet incarné par Bastien Bouillon, est un photographe à succès, il gagne très bien sa vie et il est même reconnu par ses pairs. Mais Paul Marquet n'est pas heureux, son rêve : devenir un écrivain et qui sait, peut-être même une gloire littéraire. Paul Marquet doit quitter sa femme, (interprétée par Valérie Donzelli), ses enfants et sa vie confortable pour de petits boulots qui peuvent paraître minables, mais qui lui donneront, en tout cas il l'espère, la liberté d'écrire son œuvre pendant la nuit. Valérie Donzelli pose ici la question du statut de l'artiste et elle donne une réponse qui n'est pas forcement celle à laquelle on s'attendrait... Être un artiste ce n’est pas obligatoirement la célébrité et le succès, c'est avant tout un besoin vital, c'est avoir la force et la capacité de tout sacrifier à son art. La descente de Paul Marquet dans les enfers de la précarité est décortiquée avec justesse. Il compte sou par sou ses maigres ressources, accepte n'importe quelle tâche, à n'importe quel prix, il renonce, peu à peu au confort, au jeu social, invisibilisé et humilié par une société pour laquelle seuls l'argent et la réussite comptent. Ne croyez pas que Paul Marquet est un pauvre type, un raté, un minable, il a juste choisi un autre chemin, celui de l'endurance, de la modestie. Paul Marquet est une Nina Moderne. Il pourrait s'approprier la réplique que Tchekhov a écrite pour elle dans « La Mouette » : « Dans notre métier, artistes ou écrivains, peu importe, l'essentiel n'est ni la gloire, ni l'éclat, tout ce dont je rêvais, l'essentiel, c'est de savoir endurer... ». Qui de mieux que Bastien Bouillon pour incarner Paul Marquet. Le jeune homme enchaine les rôles, comme ça, l'air de rien, sans photo en première page, sans fracas, ni grande déclaration et pourtant il est l'un des grands acteurs de sa génération, tout en nuance, en finesse et en émotion. Son Paul Marquet, silencieux, taiseux, à fleur de peau, révèle finalement les autres à eux-même, à leurs certitudes et leurs limites. À PIED D'OEUVRE est aussi un film social et politique, un dézingage des plates-formes et autres algorithmes. Il dépeint un univers du travail sous-jacent, que l'on refuse de voir, mais que l'on ne s'interdit pas d'utiliser parfois. Des travailleurs esclaves, à qui l'on distribue, pour quelques euros, des micro-tâches, que l'on note, histoire de faire encore baisser les prix et qui, au final sont exploités par des patrons déshumanisés. À PIED D'OEUVRE, un petit bijou d'émotion et de finesse, un film brillant, simple et grand...
Synopsis
Sans logement à San Francisco, Dawn et Tony trouvent du réconfort auprès de Terry et Harry qui animent des groupes de soutien à l’église de Glide. Ils les mettent au défi de surmonter les obstacles de leur situation et de défendre leur communauté. Le film tisse ensemble leurs histoires intimes de résilience et leur lutte pour reprendre leur place dans la société…
Le mot du comité de sélection - Robin Berthomieu
Dans DE CE FEU LÀ, Corinne Sullivan et Laetitia Jacquart nous plongent au cœur de l’église Glide de San Francisco, refuge de nombreuses personnes en situation de très grande précarité, sans-abri et vivant en marge d’une société américaine profondément inégalitaire. C’est dans ce lieu, à la fois sanctuaire et espace de foi, que nous découvrons et suivons le parcours croisé de femmes et d’hommes luttant quotidiennement pour exister : pour leur survie, mais aussi pour la reconnaissance de leur place dans la société, notamment en tant que personnes LGBT.
Cette immersion dans cette communauté dévoile également, avec pudeur et authenticité, la manière dont ces personnes vivent leur foi au quotidien. L’intime est ici filmé au plus proche. Histoire profondément marquée par la résilience, DE CE FEU LÀ sera sans nul doute l’un des documentaires marquants de cette huitième édition du festival.
Synopsis
Le film subtilement humoristique de Nima Shirali suit une communauté installée entre le lac salé de Katwe, en Ouganda, et un parc national. À travers les yeux d’un enseignant enthousiaste, d’un gardien désabusé et d’une mère pleine d’esprit, le lac salé apparaît comme une source de vie essentielle. Au fil des récoltes et des inondations, le lac se transforme, passant d’un symbole d’identité locale et d’une industrie prometteuse à celui d’un échec du développement. Le faible prix du sel s’ajoute aux conditions de travail toxiques qui accablent les habitants. Et pourtant, pour beaucoup à Katwe, il reste la seule voie possible vers un avenir meilleur. Tandis qu’un politicien local flamboyant au style rétro tente d’imposer de grands projets à une mine et à une communauté en déclin, la population s’interroge sur ce que l’avenir lui réserve.
Le mot du comité de sélection - Paul Cabanes
En Ouganda vit une communauté au quotidien rythmé par les humeurs des eaux du lac salé de Katwe. Depuis des générations, le sel qui se forme à sa surface est extrait, puis vendu pour trop peu à des entreprises qui font fortune sur le dos des mineurs de sel de Katwe. Mais si les caprices du lac, du temps, et de l’argent ont durement touché la communauté, l’ardeur de ses membres parait pourtant intacte. Dans ce vibrant documentaire de Nima Shirali, on est frappé de toutes parts. Par la désillusion de ses habitants qui se teinte d’enthousiasme. Par l’humour qui se fait rempart face au quotidien absurde. Par les marques du travail, sur les corps et sur la terre. KATWE est un film aux images superbes, et les femmes et les hommes qui les peuplent, leur résilience et leur entêtement à ne pas laisser leur communauté mourir vous étonneront.
Synopsis
Magdi (70 ans), une aide-soignante au fort caractère mais profondément seule, est confrontée à une réalité angoissante à mesure qu’elle vieillit : elle a pris soin, seule, de son fils Feri (39 ans), lourdement handicapé, toute sa vie.
Si elle venait à disparaître, Feri serait livré aux conditions inhumaines du système public de soins hongrois et ne lui survivrait sans doute pas longtemps. Déterminée à lui assurer un avenir digne, Magdi rejoint un groupe de mères confrontées à la même situation.
Ensemble, elles intentent une action en justice contre l’État, exigeant que ce dernier remplisse enfin son obligation longtemps négligée : construire de petites structures d’accueil où leurs enfants pourront vivre dans la dignité lorsque leurs mères ne seront plus là.
Le mot du comité de sélection - Catherine Vaillancourt-Laflamme
YOUR LIFE WITHOUT ME me est un film d’une actualité sans conteste à l'heure où en Europe et ailleurs, le débat sur les budgets des gouvernements est trop souvent présenté comme devant inexorablement mener vers des coupures dans les financements des services sociaux, notamment ceux qui concernent les soins aux personnes dépendantes. Pendant plus de quatre ans, le film dévoile le courage attendrissant de quelques mères qui, épuisées et au terme d’une vie entièrement consacrée à prendre soin de leurs enfants en situation de handicaps lourds, se mobilisent pour poursuivre l'État hongrois en justice et obtenir les garanties d’un avenir digne et humain pour leurs enfants. En filigrane, le film met clairement en lumière la persistante inégalité dans la répartition du travail non rémunéré des soins à autrui qui échoit encore trop souvent presqu’exclusivement aux femmes. Enfin, Your life without me soulève la question cruciale de l'affaiblissement dangereux des fondements de nos démocraties, alors que des gouvernements voyous semblent s’accaparer de plus en plus de pouvoir et infiltrent les systèmes judiciaires à leur propre avantage. YOUR LIFE WITHOUT ME est une histoire de courage, de solidarité et de sacrifice, celle de femmes qui trouvent leur propre voix à travers la force de leur communauté.
Synopsis
Chang-woo entre en stage dans une petite entreprise, qui lui promet de l’aider à intégrer une bonne université. D’abord plein de bonne volonté, il découvre un environnement de travail fatigant où, de l’usinage à la manutention, le danger est partout. Jamais traité comme un stagiaire mais comme une main-d’œuvre bon marché, il fait contre mauvaise fortune bon cœur, sa famille ayant cruellement besoin d’argent.
Le mot du comité de sélection - Eva-Rose Kapfer
Quand entrer à l’université est presque un besoin vital, les signaux d’alerte deviennent faciles à ignorer. Peu importe le manque de prévention concernant l’utilisation du matériel, peu importe les échafaudages fragiles, peu importe l’effort physique. On a promis à Chang-Woo une place dans une bonne université si il était stagiaire dans l’entreprise, alors il va à l’usine tous les jours sans remettre en question les conditions de travail. Pourquoi le ferait-il ? Personne autour de lui ne semble en souffrir. THE FINAL SEMESTER incarne les dérives du capitalisme, la pression économique, le contexte social et la précarité coréenne. Le film parle du rêve d’une vie meilleure, d’un idéal qui paraît à la fois si proche et impossible à atteindre. C’est l’espoir, l’envie d’une génération de futurs travailleurs de s’extraire de leur classe sociale et de leur confrontation à la réalité des choses. Mais même quand ils sont mis face aux difficultés et que le rêve commence à s’effriter, ils continuent de vouloir y croire, eux qui sont convaincus d’être si proches du but.
Synopsis
À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable.
Le mot du comité de sélection - Henzo Lefèvre
Pour son premier long-métrage, Mélisa Godet nous plonge au coeur de La Maison des Femmes de Saint-Denis, un lieu de soin, d’accompagnement et de reconstruction dédié aux femmes victimes de violences. Une structure créée en 2016 dont l’histoire n’est pas anodine car elle est d’une part essentielle, mais d’autre part étendue à six autres villes en France. Avec un casting impressionnant, la réalisatrice nous offre une œuvre de fiction importante sur le sujet des violences sexistes et sexuelles. Avec un scénario intelligent, le film atteint pleinement son intention : nous montrer la réalité la plus concrète de ce que subissent les femmes victimes et à quel point les VSS détruisent des vies.
Synopsis
Selma fuit la Syrie en laissant derrière elle un fils de 6 ans et un mari disparu dans les geôles du régime. Arrivée à Bordeaux après un périple dangereux, elle enchaîne les heures de travail au noir, alors qu’un nouveau combat commence pour obtenir le droit d’asile et faire venir son fils Rami. Selma fait bientôt la connaissance d’un avocat, Jérôme. Leur histoire d’amour va tout remettre en question…
Le mot du comité de sélection - Robin Berthomieu
Le deuxième long-métrage de Gaya Jiji nous mène à la rencontre de Selma, une Syrienne en situation irrégulière, ayant fui son pays où sont restés son jeune fils et son mari, emprisonné par le régime. Accompagnée de Jérôme, son avocat, dans sa demande d’asile et dans les démarches pour faire venir son fils en France, Selma entreprend la difficile tâche de se réinventer et de reprendre le contrôle d’une vie mise entre parenthèses depuis l’exil, en réapprenant aussi à aimer. Gaya Jiji nous offre ici le récit délicat du parcours d’une femme abîmée, mais restée forte et digne, que Zar Amir interprète, comme à son habitude, avec une intensité remarquable. Alexis Manenti, que nous avons déjà eu le plaisir d’accueillir à Carcassonne, confirme lui aussi tout son talent dans un rôle parfaitement maîtrisé.
Synopsis
À différentes époques, sur différents territoires, les destins de quatre personnages s’entrecroisent alors qu’ils luttent pour trouver des liens et du sens dans un monde transformé par le changement climatique.
Le mot du comité de sélection - Matthieu Bonnery
Attention : objet cinématographique unique ! En effet, ce film est intégralement constitué d’images fixes, mais le montage d’une précision chirurgicale nous fait rapidement oublier ce visuel singulier et dérangeant. Dès lors, on est happé par la mise en abime autour du thème de l’urgence climatique. Car, ici encore, le réalisateur fait un choix radical et nous entraine dans un futur apocalyptique où nous voyons, au fil des siècles, notre civilisation et notre planète se désagréger. Ici, l’espoir n’est pas de mise : tout est poisseux, lugubre, viscéral et on prend les conséquences de nos hésitations actuelles en matière d’écologie comme de grandes claques. On sort de cette expérience choqué, bousculé, mais également conscient d’avoir vécu un moment de cinéma comme il en existe peu, car la qualité visuelle et la réalisation sans faille se sont mis au service d’un discours politique puissant et parfaitement maitrisé.
Synopsis
Une tragédie frappe une famille syrienne à Alep, déclenchant une réaction en chaîne d’événements dans quatre pays différents impliquant des personnes unies par un lien de parenté, dont une doctoresse et sa fille, un soldat, un passeur, un poète et un capitaine des garde-côtes.
Le mot du comité de sélection - Henzo Lefèvre
Grand-prix du public du Festival de Deauville, nous présentons en séance de minuit I WAS A STRANGER de Brandt Andersen. Le réalisateur détourne audacieusement les codes du thriller d’action pour explorer la crise mondiale des réfugiés, sujet rarement au cœur de cette esthétique. Structuré en cinq destinées entrecroisées, médecin syrienne, soldat, passeur, poète et capitaine, le film refuse le récit linéaire. Cette architecture narrative fragmentée amplifie son impact émotionnel. Chaque perspective révèle les multiples dimensions de l’urgence humanitaire. Avec un rythme soutenu et viscéral, on retient son souffle du début à la fin. Loin de réduire les réfugiés à des abstractions, Andersen les affirme comme protagonistes complexes et dotés de profondeur morale. Son engagement préalable dans les camps turcs, grecs et syriens confère une authenticité frappante au projet. I WAS A STRANGER conjugue accessibilité et puissance cinématographique et intention humaniste.
Samedi 17 janvier 2026
Synopsis
La fièvre de l’or s’est emparée du Nord du Niger. En quête du métal précieux et malgré les risques, une armée de chercheurs a pris d’assaut les sites d’intérêt. Tandis que les camps s’installent et se démantèlent au gré des rumeurs de nouvelles pistes, Moussa et ses compagnons misent sur le filon d'Ikazan. Un film à la tension palpable, qui charrie les rêves de fortune et l'amitié.
Le mot du comité de sélection - Luka Martineau
Classé « Zone rouge » par la France, le Niger est un pays à l’instabilité politique et sécuritaire très forte, notamment dans le nord du pays, où s’est développée une économie parallèle. C’est ici, dans un décor montagneux qui évoque Mad Max, que Roland Edzard est parti à la rencontre d’un groupe de chercheurs d’or qui s’exposent aux risques pour tenter de découvrir un filon qui leur permettra d’améliorer leur quotidien. Le réalisateur réussit magnifiquement et subtilement à nous faire vivre au plus près de ces hommes, et à nous faire saisir tous les enjeux socio-économiques qui sous-tendent leur existence. On se prend à ressentir la tension qui les anime, au milieu des explosions et dans l’obscurité des cavités. Un grand film sur un territoire abandonné, arpenté par des hommes emportés par la fièvre de l’or par nécessité, au risque que celle-ci les consume entièrement.
Synopsis
À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable.
Le mot du comité de sélection - Henzo Lefèvre
Pour son premier long-métrage, Mélisa Godet nous plonge au coeur de La Maison des Femmes de Saint-Denis, un lieu de soin, d’accompagnement et de reconstruction dédié aux femmes victimes de violences. Une structure créée en 2016 dont l’histoire n’est pas anodine car elle est d’une part essentielle, mais d’autre part étendue à six autres villes en France. Avec un casting impressionnant, la réalisatrice nous offre une œuvre de fiction importante sur le sujet des violences sexistes et sexuelles. Avec un scénario intelligent, le film atteint pleinement son intention : nous montrer la réalité la plus concrète de ce que subissent les femmes victimes et à quel point les VSS détruisent des vies.
Synopsis
Tereza a vécu toute sa vie dans une petite ville industrielle d’Amazonie. Le jour venu, elle reçoit l'ordre officiel du gouvernement de s’installer dans une colonie isolée pour personnes âgées, où elles sont amenées à « profiter » de leurs dernières années. Tereza refuse ce destin imposé et décide de partir seule à l'aventure, découvrir son pays et accomplir son rêve secret…
Le mot du comité de sélection - Eva-Rose Kapfer
Que faire de toutes ces personnes âgées dont personne ne veut s’occuper ? Dans un Brésil presque dystopique, le gouvernement semble avoir trouvé une solution. Tereza a soixante-dix-sept ans et elle vient d’être « promue » au rang de « citoyenne historique » : elle est désormais attendue dans une colonie où sont rassemblées et isolées les personnes considérées trop âgées pour continuer de vivre seules en ville. Mais Tereza n’a jamais rien connu d’autre que sa petite ville industrialisée et son besoin d’indépendance et d’autonomie s’agite. Prête à tout pour rester maître d’elle-même, elle se jette corps et âme dans l’inconnu du reste du Brésil. On embarque alors dans un road movie sur le fleuve Amazone à travers les paysages ruraux du Brésil et à la rencontre d’une population elle-aussi en quête d’émancipation. Pour la première fois, Tereza explose sa zone de confort et découvre toutes les facettes de son pays, toutes les manières possible d’exister.
Synopsis
Nino et Yasmina tombent amoureux dans la cour de leur école à Beyrouth, et rêvent à leur vie d’adulte, à un monde merveilleux. 20 ans plus tard, ils se retrouvent par accident et c’est à nouveau l’amour fou, magnétique, incandescent. Peut-on construire un avenir, dans un pays fracturé, qu’on tente de quitter mais qui vous retient de façon irrésistible ?
Le mot du comité de sélection - Matthieu Bonnery
Raconter les 40 dernières années de l’histoire du Liban au travers d’une magnifique histoire d’amour : le pari était osé, mais il est réussi ! De la guerre civile à la lente descente aux enfers de la crise économique, des frappes israéliennes à l’explosion du port de Beyrouth, les soubresauts de l’histoire s’invitent en effet en permanence dans l’intimité du couple, que ce soit de manière subtile comme le bourdonnement d’un drone une nuit d’été, ou plus brutale comme lorsque l’inflation galopante pousse à des choix radicaux et déchirants. On pourra dire que le film n’est pas parfait. C’est vrai : comme le pays qu’il raconte, il est un peu filou, parfois roublard, souvent too much et surjoué mais, au final, généreux, entier et attachant. Un beau moment de cinéma, subtil et passionné, qui nous raconte le Pays du Cèdre et sa capacité de résilience.
DEAR MOTHER et ORAZIO VOLA
2 des 6 courts métrages en compétiton
MEMORIA COLLECTIVA & IL FAUDRA QUE JE ME SOUVIENNE
2 films des 6 courts-métrages en compétition
L'ENFANT À LA PEAU BLANCHE & VOLTIGE
2 courts-métrages des 6 en compétition
Synopsis
Mariem.B, 53 ans, ne savait pas que le SamuSocial existait. Et c’est pourtant là qu’elle a trouvé refuge lors de sa fuite. Partageant le quotidien d’autres femmes souvent plus précarisées qu’elle, entre sororité et violences sociales, Mariem va y puiser la force de « redevenir quelqu’un ».
Le mot du comité de sélection - Francine Raymond
« Il faudrait presque un diplôme pour devenir SDF. » Mariem, cinquante-trois ans, a appris à tenir son malheur à distance. Autrefois agente immobilière, elle a fui un homme violent et trouvé refuge au Petit Rempart, un centre pour femmes en difficulté. Dans sa vie, tout s’est écroulé en quelques jours : maison perdue, papiers envolés, travail brisé. Son téléphone reste son fil le plus sûr vers le monde extérieur. La caméra d’Ève Duchemin s’approche d’elle avec une douceur qui installe, peu à peu, une confiance précieuse et donne à ce portrait une émotion vraie. Autour de Mariem, d’autres femmes tentent elles aussi de se relever, chacune avec ses blessures. Les rires, les gestes d’entraide redonnent un peu d’énergie. Le film suit Mariem pas à pas dans sa lente reconquête d’une vie normale. Petit Rempart raconte une chute, mais surtout la force tranquille qu’il faut pour se remettre en marche.
Synopsis
Achever un texte ne veut pas dire être publié, être publié ne veut pas dire être lu, être lu ne veut pas dire être aimé, être aimé ne veut pas dire avoir du succès, avoir du succès n'augure aucune fortune. À Pied d’œuvre raconte l'histoire vraie d'un photographe à succès qui abandonne tout pour se consacrer à l'écriture, et découvre la pauvreté.
Le mot du comité de sélection - Régine Arniaud
Valérie Donzelli, actrice, réalisatrice, autrice, une artiste totale et atypique. Elle vit sa vie et son art à son gré, sans trop s'embarrasser des modes, des exigences et des contraintes que la puissante industrie du cinéma impose. Le public la connait surtout depuis son 2ème long métrage, le très beau LA GUERRE EST DÉCLARÉE, sorti en 2011, co-réalisé et interprété avec son compagnon de l'époque, Jérémie Elkaïm. Ce film d'une autobiographie assumée, raconte le courage de deux parents qui vont au combat, pour sauver leur enfant gravement malade. Valérie Donzelli y raconte déjà, la vie des gens, leurs épreuves, leurs victoires. « Juste quelqu'un de bien, le cœur à portée de main, sans grand destin, juste quelqu'un de bien... » les paroles de la chanson d'Enzo Enzo pourraient magnifiquement éclairer la plupart des personnages des films de Valérie Donzelli. Et À PIED D'OEUVRE n'échappe pas à la règle. Paul Marquet incarné par Bastien Bouillon, est un photographe à succès, il gagne très bien sa vie et il est même reconnu par ses pairs. Mais Paul Marquet n'est pas heureux, son rêve : devenir un écrivain et qui sait, peut-être même une gloire littéraire. Paul Marquet doit quitter sa femme, (interprétée par Valérie Donzelli), ses enfants et sa vie confortable pour de petits boulots qui peuvent paraître minables, mais qui lui donneront, en tout cas il l'espère, la liberté d'écrire son œuvre pendant la nuit. Valérie Donzelli pose ici la question du statut de l'artiste et elle donne une réponse qui n'est pas forcement celle à laquelle on s'attendrait... Être un artiste ce n’est pas obligatoirement la célébrité et le succès, c'est avant tout un besoin vital, c'est avoir la force et la capacité de tout sacrifier à son art. La descente de Paul Marquet dans les enfers de la précarité est décortiquée avec justesse. Il compte sou par sou ses maigres ressources, accepte n'importe quelle tâche, à n'importe quel prix, il renonce, peu à peu au confort, au jeu social, invisibilisé et humilié par une société pour laquelle seuls l'argent et la réussite comptent. Ne croyez pas que Paul Marquet est un pauvre type, un raté, un minable, il a juste choisi un autre chemin, celui de l'endurance, de la modestie. Paul Marquet est une Nina Moderne. Il pourrait s'approprier la réplique que Tchekhov a écrite pour elle dans « La Mouette » : « Dans notre métier, artistes ou écrivains, peu importe, l'essentiel n'est ni la gloire, ni l'éclat, tout ce dont je rêvais, l'essentiel, c'est de savoir endurer... ». Qui de mieux que Bastien Bouillon pour incarner Paul Marquet. Le jeune homme enchaine les rôles, comme ça, l'air de rien, sans photo en première page, sans fracas, ni grande déclaration et pourtant il est l'un des grands acteurs de sa génération, tout en nuance, en finesse et en émotion. Son Paul Marquet, silencieux, taiseux, à fleur de peau, révèle finalement les autres à eux-même, à leurs certitudes et leurs limites. À PIED D'OEUVRE est aussi un film social et politique, un dézingage des plates-formes et autres algorithmes. Il dépeint un univers du travail sous-jacent, que l'on refuse de voir, mais que l'on ne s'interdit pas d'utiliser parfois. Des travailleurs esclaves, à qui l'on distribue, pour quelques euros, des micro-tâches, que l'on note, histoire de faire encore baisser les prix et qui, au final sont exploités par des patrons déshumanisés. À PIED D'OEUVRE, un petit bijou d'émotion et de finesse, un film brillant, simple et grand...
Synopsis
Palestine, 1936. La grande révolte arabe, destinée à faire émerger un État indépendant, se prépare alors que le territoire est sous mandat britannique.
Le mot du comité de sélection - Matthieu Bonnery
Depuis deux ans, l’actualité nous ramène quotidiennement en Palestine, cristallisant les oppositions et ouvrant la porte à beaucoup d’approximations et de mensonges. À ce titre, ce film est nécessaire, car il vient rappeler un fait historique bien souvent passé sous silence : le sort de la région s’est joué à Londres dans les années 30, au terme de négociations politiques entre le mouvement sioniste (conçu un outil politique et non religieux) et la monarchie britannique. Ce sont les conséquences de ces décisions que le film nous raconte, dans une fable cruelle, injuste et irréversible. Pour ce faire, il fait appel à une écriture sans faille et à une réalisation brillante, servie notamment par un casting international de très grande qualité. On peut espérer que cette œuvre aura un fort retentissement au FIFP et ailleurs : le message qu’elle porte le mérite amplement !
Synopsis
Expulsé de sa famille d’accueil, Christy, 17 ans, débarque chez son demi-frère, jeune papa, qu’il connait peu. Son frère vit mal cet arrangement qu’il espère temporaire, mais Christy se sent vite chez lui, dans ce quartier populaire de Cork, se faisant des amis et renouant avec la famille de sa mère. Les deux frères vont devoir se confronter à leur passé tumultueux pour envisager un avenir commun.
Le mot du comité de sélection - Régine Arniaud
Les drames sociaux au cinéma, sont souvent, pour ceux qui les regardent, des parcours du combattant. Au fil des minutes, on plie, comme les héros du film, sous les lourdes épreuves. Assommé par l'acharnement d'un destin impitoyable, on se retrouve quasiment en apnée, avec une seule envie, fuir cette histoire, certes bien intentionnée, mais étouffante de sordidité... Et bien « Christy et son frère » du réalisateur irlandais Bendan Canty, échappe totalement à cette logique et heureusement. Il y a de la douleur certes, mais il y a surtout de la vie, de la joie et c'est la très grande force du film. La prestation du jeune Danny Power y est pour beaucoup. Sa petite bouille renfrognée et touchante prends au tripe. C'est son 1er rôle au cinéma, il incarne avec talent Christy, 18 ans dans quelques semaines et mis à la porte de sa famille d’accueil. Son grand frère Shane le récupère chez lui et le fait engager sur les chantiers de peinture où il travaille. Christy revient ainsi dans le quartier de sa petite enfance. Les secrets, les traumatismes et les drames familiaux enfouis ressurgissent. La violence est sous-jacente, mais Christy lutte, refusant d’être réduit à ce que les autres veulent pour lui. Sur son chemin de résilience, il va donner un sens à sa vie et se construire un avenir. Brendan Canty a tourné dans un endroit qu'il connait bien, le nord de Cork, petite ville irlandaise de la côte sud-ouest. Il s'inspire de ce qu'il y a vu, ce qui explique, en partie, la grande justesse des situations, des personnages et des dialogues. Face aux épreuves, aux tentations, les liens se renouent, la solidarité s'exprime, au sein d'une famille comme d'une communauté. C'est beau, lumineux, puissant, sans misérabilisme et sans pathos. Pour un premier film, « Christy et son frère » est un coup de maître. Il a d'ailleurs remporté Le Grand Prix Génération au Festival de Berlin 2025.
DEAR MOTHER et ORAZIO VOLA
2 des 6 courts métrages en compétiton
Synopsis
À différentes époques, sur différents territoires, les destins de quatre personnages s’entrecroisent alors qu’ils luttent pour trouver des liens et du sens dans un monde transformé par le changement climatique.
Le mot du comité de sélection - Matthieu Bonnery
Attention : objet cinématographique unique ! En effet, ce film est intégralement constitué d’images fixes, mais le montage d’une précision chirurgicale nous fait rapidement oublier ce visuel singulier et dérangeant. Dès lors, on est happé par la mise en abime autour du thème de l’urgence climatique. Car, ici encore, le réalisateur fait un choix radical et nous entraine dans un futur apocalyptique où nous voyons, au fil des siècles, notre civilisation et notre planète se désagréger. Ici, l’espoir n’est pas de mise : tout est poisseux, lugubre, viscéral et on prend les conséquences de nos hésitations actuelles en matière d’écologie comme de grandes claques. On sort de cette expérience choqué, bousculé, mais également conscient d’avoir vécu un moment de cinéma comme il en existe peu, car la qualité visuelle et la réalisation sans faille se sont mis au service d’un discours politique puissant et parfaitement maitrisé.
MEMORIA COLLECTIVA & IL FAUDRA QUE JE ME SOUVIENNE
2 films des 6 courts-métrages en compétition
L'ENFANT À LA PEAU BLANCHE & VOLTIGE
2 courts-métrages des 6 en compétition
DEAR MOTHER et ORAZIO VOLA
2 des 6 courts métrages en compétiton
MEMORIA COLLECTIVA & IL FAUDRA QUE JE ME SOUVIENNE
2 films des 6 courts-métrages en compétition
Synopsis
Dans les rues de Bagdad, Chum-Chum, 9 ans, diabétique et rêveur, croit que le Tigre cache une porte vers Irkalla, le monde souterrain où il peut ranimer ses parents disparus – une idée venue de la légende de Gilgamesh. Lorsque son ami Moody est mêlé à un complot de la milice, Chum-Chum doit choisir entre mythe et vérité. Un récit de deuil et de foi, une quête de lumière dans une ville qui refuse de mourir.
Le mot du comité de sélection - Matthieu Bonnery
« Irkalla », c’est l’enfer pour les Mésopotamiens. Nous sommes en 2019, et rien n’a changé à Bagdad, secouée par une révolte de la jeunesse qui sera écrasée dans le sang par les milices. Au travers des yeux d’une bande d’enfants des rues et de leur éducatrice, on saisit toute l’ampleur des traumatismes, collectifs ou intimes, qu’a traversé le pays à l’échelle de deux générations. Tous les personnages ont été brisés par la dictature de Saddam Hussein, les sanctions internationales, l’invasion américaine ou les exactions de Daesh, et tentent de survivre dans l’ancienne Babylone, devenue un cloaque violent et corrompu. Pour ce faire, certains devront faire des choix douloureux, irréversibles et franchir des limites dont ils ne reviendront pas… Un film puissant, désespéré qui nous rappelle à quel point, année après année, le cinéma iraquien tente d’exorciser les démons de son pays.
Synopsis
Selma fuit la Syrie en laissant derrière elle un fils de 6 ans et un mari disparu dans les geôles du régime. Arrivée à Bordeaux après un périple dangereux, elle enchaîne les heures de travail au noir, alors qu’un nouveau combat commence pour obtenir le droit d’asile et faire venir son fils Rami. Selma fait bientôt la connaissance d’un avocat, Jérôme. Leur histoire d’amour va tout remettre en question…
Le mot du comité de sélection - Robin Berthomieu
Le deuxième long-métrage de Gaya Jiji nous mène à la rencontre de Selma, une Syrienne en situation irrégulière, ayant fui son pays où sont restés son jeune fils et son mari, emprisonné par le régime. Accompagnée de Jérôme, son avocat, dans sa demande d’asile et dans les démarches pour faire venir son fils en France, Selma entreprend la difficile tâche de se réinventer et de reprendre le contrôle d’une vie mise entre parenthèses depuis l’exil, en réapprenant aussi à aimer. Gaya Jiji nous offre ici le récit délicat du parcours d’une femme abîmée, mais restée forte et digne, que Zar Amir interprète, comme à son habitude, avec une intensité remarquable. Alexis Manenti, que nous avons déjà eu le plaisir d’accueillir à Carcassonne, confirme lui aussi tout son talent dans un rôle parfaitement maîtrisé.
Synopsis
Iva travaille dans une usine de confection dans une région rurale de Bulgarie, tout en luttant contre une maladie persistante et mystérieuse. Lorsqu’il est révélé qu’elle est le premier cas de COVID dans sa petite ville, la nouvelle déclenche une spirale sans fin d’accusations, d’abord de la part des propriétaires de l’usine, désireux de se décharger de toute responsabilité, puis de ses collègues, de son fils, et finalement de toute la communauté, bien qu’Iva n’ait pas quitté sa ville depuis des années. À mesure que la stigmatisation publique d’Iva s’intensifie et que les premières victimes du virus apparaissent, elle devient rapidement une paria sociale.
Le mot du comité de sélection - Annick Pillosio
Dans MADE IN EU S.Komandarev nous plonge au cœur d'une petite ville bulgare frappée par la pandémie de Covid. Couturière dans l'usine textile, Iva est identifiée comme étant patient zéro de l'épidémie dans l'entreprise. Malade mais contrainte de travailler par crainte de perdre son emploi, Iva doit aussi faire face au ressentiment et au rejet de celles qui partagent son désarroi. Komanderev allie précision documentaire et sens du réalisme social pour donner une voix à ceux qui restent à la périphérie du rêve européen ; sa mise en scène, sobre et sans artifice, met en valeur l'humanité de ses personnages et offre un bouleversant portrait de femme, courageuse et digne. Le réalisateur formule, par ailleurs, une critique acerbe explicite par rapport à l’attitude dédaigneuse des autres états de l’Union Européenne vis-à-vis de « leurs voisins pauvres » pour qui, même la possibilité d’émigrer vers l’Europe de l’Ouest n’est pas un choix fructueux.
Synopsis
Vincent travaille au sein d’une équipe de nuit sur le chantier de Grand Ciel, un nouveau quartier futuriste. Lorsqu’un ouvrier disparaît, Vincent et ses collègues suspectent leur hiérarchie d’avoir dissimulé son accident. Mais bientôt un autre ouvrier disparait.
Le mot du comité de sélection - Annick Pillosio
Ce film du japonais Akihiro Hata plante un décor fort : un immense chantier nocturne , celui du futur quartier Grand Ciel, où se croisent travailleurs de nuits , ouvriers étrangers ; ce lieu devient un personnage à part entière et le réalisateur capte très bien une sensation d’étouffement et d’abandon .Deux personnages émergent de tous les autres , qui sont deux figures opposées de la relation au travail , l’un Vincent , nouveau venu , ( joué par un Damien Bonnard ambigu à souhait ) en proie à des grosses difficultés financières et prêt à tout tandis que Saîd , ( interprété par Samir Guesmi ) est plus préoccupé par la sécurité des ouvriers et le respect de leurs droits . Utilisant des éléments du décor, l’ascenseur aux cliquetis métalliques, l’aspect quasi identique des salles dans des teintes bleu gris, le réalisateur réussit à faire monter l’inquiétude tandis que des ouvriers commencent à disparaître. GRAND CIEL est un film à l'esthétique remarquable, qui interroge le sens du travail et la place de l'homme dans des projets de construction d'une ampleur impressionnante. Plus méditatif que sensationnel, ce long métrage invite à réfléchir sur ces thématiques profondes.
Synopsis
Enrico Naso est croque-mort à Lampedusa. Sans cesse confronté à la mort qui rôde partout sur ce rocher isolé au milieu de la mer Méditerranée, Enrico choisit la vie et nous plonge dans une profonde réflexion sur la définition de l’être humain. Loin des images et du temps médiatique, il se tourne vers les gestes du quotidien, la foi, les chansons et les vagues, pour garder son humanité.
Le mot du comité de sélection - Luka Martineau
L’île de Lampedusa, rocher perdu au milieu de la Méditerranée, est devenue depuis plus de dix ans le symbole des enjeux migratoires, avec ses milliers de réfugiés venus d’Afrique qui accostent ou périssent chaque année aux portes de l’Europe. C’est ici qu’Enrico exerce le métier de croque-mort, à cheval entre le monde des morts et celui des vivants, entre la méfiance d’abord, envers ces hommes et ces femmes venus de l’autre côté de la mer et l’empathie ensuite, qui affleure dans les gestes de tous les jours et les traditions ancestrales. L’humanité enfin, qui fait s’interroger sur l’essence de l’homme et son propre rôle dans les enjeux contemporains, pour devenir humanisme. Le tout en contemplant les vagues à ses pieds, alors que la mer se teinte trop souvent de rouge. Un film sensible et magnifiquement mis en scène, sur un homme qui s’occupe des défunts, mais reste irrémédiablement du côté des vivants.
L'ENFANT À LA PEAU BLANCHE & VOLTIGE
2 courts-métrages des 6 en compétition
Synopsis
Pasha Talankin est un héros improbable — un instituteur russe très apprécié, connu à la fois comme mentor et farceur, offrant à ses élèves un refuge sûr dans son bureau. Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le rôle de Pasha au sein de l’école change radicalement, lorsqu’il est entraîné malgré lui dans la machine de propagande de Poutine. Contraint de promouvoir les messages approuvés par l’État et horrifié par la transformation de son école et de sa communauté, il lutte contre la culpabilité et un profond sentiment d’impuissance, jusqu’à devenir un lanceur d’alerte international.
En tant que vidéaste de l’école, Pasha filme des images intimes et révélatrices du régime de Poutine, documentant la montée des groupes d’enfants militarisés, les lois répressives, le nationalisme fervent et le recrutement des élèves diplômés pour aller combattre à la guerre. Lorsqu’il apprend que sa propre vie est en danger, Pasha est contraint de planifier une évasion périlleuse hors de Russie.
Réalisé par David Borenstein et coréalisé par Pasha Talankin, ce film d’une collaboration unique est à la fois captivant et plein de vie, tout en étant profondément révélateur et bouleversant. Mr. Nobody Against Putin présente des images rares qui dévoilent l’impact profond du régime de Poutine sur la vie des Russes ordinaires, en particulier sur celle des enfants.
Le mot du comité de sélection - Francine Raymond
Pasha, instituteur dans une petite ville industrielle de Russie, filmait tout dans son école pour garder des souvenirs : les chorales, les fêtes, les enfants qui grandissent. Puis la Russie envahit l’Ukraine et tout bascule. Jour après jour, la caméra de Pasha, capte la transformation glaçante de son établissement en machine de propagande : chants militaires, affiches patriotiques, élèves happés par la guerre. Peu à peu, filmer devient dangereux. Pavel comprend qu’il recueille des preuves d’un système qui transforme l’école en outil d’endoctrinement. Il continue pourtant, en secret, jusqu’à devoir quitter la Russie pour protéger son travail et sa vie. MR NOBODY AGAINST PUTIN, coréalisé avec David Borenstein, offre une matière rare : un réel que l’état russe s’efforce de taire. Une plongée sensible, parfois bouleversante, dans la naissance de l’endoctrinement et le courage fragile qu’il faut pour résister, celui d’un homme ordinaire qui refuse de se taire.
Synopsis
Mariem.B, 53 ans, ne savait pas que le SamuSocial existait. Et c’est pourtant là qu’elle a trouvé refuge lors de sa fuite. Partageant le quotidien d’autres femmes souvent plus précarisées qu’elle, entre sororité et violences sociales, Mariem va y puiser la force de « redevenir quelqu’un ».
Le mot du comité de sélection - Francine Raymond
« Il faudrait presque un diplôme pour devenir SDF. » Mariem, cinquante-trois ans, a appris à tenir son malheur à distance. Autrefois agente immobilière, elle a fui un homme violent et trouvé refuge au Petit Rempart, un centre pour femmes en difficulté. Dans sa vie, tout s’est écroulé en quelques jours : maison perdue, papiers envolés, travail brisé. Son téléphone reste son fil le plus sûr vers le monde extérieur. La caméra d’Ève Duchemin s’approche d’elle avec une douceur qui installe, peu à peu, une confiance précieuse et donne à ce portrait une émotion vraie. Autour de Mariem, d’autres femmes tentent elles aussi de se relever, chacune avec ses blessures. Les rires, les gestes d’entraide redonnent un peu d’énergie. Le film suit Mariem pas à pas dans sa lente reconquête d’une vie normale. Petit Rempart raconte une chute, mais surtout la force tranquille qu’il faut pour se remettre en marche.
Synopsis
Après qu'un adolescent palestinien a été entraîné dans une manifestation en Cisjordanie, sa mère raconte l'histoire de sa famille, faite d'espoir, de courage et de lutte acharnée, qui a conduit à ce moment fatidique.
Le mot du comité de sélection - Annick Pillosio
Dans les instants qui suivent la confrontation d’un adolescent palestinien à des soldats israéliens, lors d’une manifestation en Cisjordanie, au cours de laquelle le garçon est blessé et transporté à l’hôpital, sa mère raconte la série d’évènements qui ont conduit à ce moment tragique, l’histoire de sa famille faite d’espoir, de courage et de lutte acharnée. Le film raconte l’histoire d’une famille palestinienne à travers trois générations. Ce parti pris permet de couvrir une longue période, de 1948 à nos jours. L’interprétation de Cherien Dabis qui est aussi la metteure en scène, est très forte et donne au personnage plus de sincerité et d’authenticité. En choisissant de raconter l’histoire d’une famille, le film rend plus concrète l’histoire de tout un peuple et les conséquences de la guerre, de l’exil et de la perte. En tant que spectateur on ne peut qu’être touché et invité à se questionner sur les thèmes abordés dans ce long métrage, les enjeux d’exil, la notion de chez soi, ce que l’on laisse derrière soi et ce que l’on emporte.
Synopsis
Nino et Yasmina tombent amoureux dans la cour de leur école à Beyrouth, et rêvent à leur vie d’adulte, à un monde merveilleux. 20 ans plus tard, ils se retrouvent par accident et c’est à nouveau l’amour fou, magnétique, incandescent. Peut-on construire un avenir, dans un pays fracturé, qu’on tente de quitter mais qui vous retient de façon irrésistible ?
Le mot du comité de sélection - Matthieu Bonnery
Raconter les 40 dernières années de l’histoire du Liban au travers d’une magnifique histoire d’amour : le pari était osé, mais il est réussi ! De la guerre civile à la lente descente aux enfers de la crise économique, des frappes israéliennes à l’explosion du port de Beyrouth, les soubresauts de l’histoire s’invitent en effet en permanence dans l’intimité du couple, que ce soit de manière subtile comme le bourdonnement d’un drone une nuit d’été, ou plus brutale comme lorsque l’inflation galopante pousse à des choix radicaux et déchirants. On pourra dire que le film n’est pas parfait. C’est vrai : comme le pays qu’il raconte, il est un peu filou, parfois roublard, souvent too much et surjoué mais, au final, généreux, entier et attachant. Un beau moment de cinéma, subtil et passionné, qui nous raconte le Pays du Cèdre et sa capacité de résilience.
Synopsis
Héloïse n’a nulle part où aller. Elle fait la rencontre de Mallorie qui lui propose de l’héberger dans l’appartement qu’elle partage avec deux autres jeunes femmes. Héloïse va trouver là un nouveau foyer et une nouvelle famille. Mais leurs blessures passées menacent l’équilibre fragile entre ces femmes en apparence si solides.
Le mot du comité de sélection - Annick Pillosio
L’histoire commence quand une jeune fille ,Héloïse,se trouve seule en pleine nuit sans abri ni repère , à 17 ans .Elle fait la connaissance de Mallorie qui lui propose de l’héberger dans l’appartement qu’elle partage avec deux autres jeunes femmes , un refuge , un foyer provisoire . Le film dépeint le huis clos avec toutes ses forces mais aussi ses failles car ces jeunes filles portent en elles des blessures profondes . Ce premier long métrage de Bérangère Mac Neese est réaliste et direct. La réalisatrice veut montrer la vraie vie , avec ses blessures ,ses contradictions et ses espoirs . Le film est parfois très dur , mais il y a aussi beaucoup de tendresse , de solidarité entre les jeunes femmes , et de l’espoir dans les liens tissés. L’interprétation des jeunes actrices est magnifique et naturelle , l’émotion qu’elles portent donnent au film une vraie force.
Synopsis
Russie, dans les années 1990. L’URSS s’effondre. Dans le tumulte d’un pays en reconstruction, un jeune homme à l’intelligence redoutable, Vadim Baranov, trace sa voie. D’abord artiste puis producteur de télé-réalité, il devient le conseiller officieux d’un ancien agent du KGB promis à un pouvoir absolu, le futur « Tsar » Vladimir Poutine. Plongé au cœur du système, Baranov devient un rouage central de la nouvelle Russie, façonnant les discours, les images, les perceptions. Mais une présence échappe à son contrôle : Ksenia, femme libre et insaisissable, incarne une échappée possible, loin des logiques d’influence et de domination. Quinze ans plus tard, après s’être retiré dans le silence, Baranov accepte de parler. Ce qu’il révèle alors brouille les frontières entre réalité et fiction, conviction et stratégie. Le Mage du Kremlin est une plongée dans les arcanes du pouvoir, un récit où chaque mot dissimule une faille.
Le mot du comité de sélection - Paul Cabanes
Dernier film d’Olivier Assayas, LE MAGE DU KREMLIN est l’adaptation du roman de Giuliano da Empoli. On y suit le parcours fictif (mais criant de vérité) de Vadim Baranov. D’artiste avant-gardiste dans une Moscou effervescente et en pleine soif de liberté, il deviendra producteur de télé-réalité peu scrupuleux, pour finir éminence grise de Vladimir Poutine, son Tsar. Son intuition des émotions humaines, son sens aigu de l’image et sa compréhensions des relations ténues entre l’ordre et le chaos feront de lui un des artisans majeurs de la Russie des années 2000. Le pouvoir et son maintien comme forme d’expression artistique. L’autoritarisme à l’ère des conseillers en communication. Film envoutant servi par un casting incandescent, LE MAGE DU KREMLIN est une plongée dans la construction de la Russie contemporaine, dans la mise en place méthodique des stratégies dont on connait, aujourd’hui, l’ampleur des ambitions.
Synopsis
D’ici 2050, le Bangladesh comptera environ 220 millions d’habitants, et une grande partie de son territoire sera durablement submergée. Cette situation pourrait entraîner le déplacement forcé de 10 à 30 millions de personnes vivant sur la côte sud du pays, poussant de nombreux Bangladais à fuir en tant que « réfugiés climatiques » — un collectif humain qui devrait atteindre 250 millions de personnes dans le monde d’ici le milieu du siècle.
À l’échelle planétaire, il s’agira de la plus grande migration de masse de l’histoire de l’humanité.
Combien de temps Dhaka pourra-t-elle résister à l’arrivée d’un nombre aussi important de personnes ? Où iront tous ces gens lorsque les villes s’effondreront ? Qui les accueillera ? Nous sommes assis sur une véritable bombe à retardement.
Le mot du comité de sélection - Catherine Vaillancourt-Laflamme
Lokhi vit avec son mari et ses deux filles à Mongla, une petite ville du sud du Bangladesh dévastée par la montée inexorable des eaux due aux changements climatiques. Sans autre solution, elle entreprend un voyage qui la mènera à Dhaka, la ville qui arbore le plus important taux de croissance au monde. BLACK WATER est un film fort. Il porte un message clair. Il met sur écran des images souvent surprenantes qui combinent fiction et documentaire. Il nous présente des personnages vulnérables mais d'une résilience incroyable, lesquels affrontent au quotidien l’instabilité climatique dans ce pays targué d’être parmi les plus vulnérables. C’est un film inquiétant qui nous laisse béat face à la migration de centaines millions de personnes laissées sans autre choix que devenir des "réfugiés du climat" dans ce pays mais également ailleurs. D’ici 2050, cette urgence climatique créera globalement 250 millions de personnes déplacées, un phénomène migratoire d’une ampleur sans précédent. BLACK WATER est donc un film d’une pertinence évidente qui donne à toutes ces statistiques un visage bien humain.
Synopsis
Soldat dévoué à l’idéologie talibane qui a façonné son destin depuis sa naissance, Samim (23 ans) oscille entre les promesses séduisantes du martyre et la banalité de son quotidien de mari et de fermier. Son jeune frère Rafi (14 ans) idolâtre Samim, tout comme les promesses des Talibans, pour eux deux, c’est la seule vision du monde qu’ils aient jamais connue.
Le mot du comité de sélection - Robin Berthomieu
Avec Kabul, Between Prayers, Aboozar Amini nous offre une immersion rare dans l’Afghanistan des talibans, au plus proche du quotidien de jeunes soldats. Par une approche sensible, contemplative et surtout observatrice, le documentaire dévoile comment l’idéologie et l’intégrisme se referment progressivement sur la vie de ces jeunes hommes, situés à cet âge charnière et fragile entre l’adolescence et l’entrée dans l’âge adulte. Pris entre leurs convictions, l’autorité dont ils disposent et leurs aspirations encore pleines de jeunesse, ils semblent très vite perdre toute capacité de questionnement, dans une société où le moindre fragment de pouvoir devient un horizon.
Synopsis
Noam Shuster Eliassi a grandi en incarnant littéralement l’image de l’enfant symbole du processus de paix israélo-palestinien, avant d’opérer un virage radical vers le stand-up et la satire politique. Mais à mesure que la région s’enfonce dans une violence dévastatrice, elle se voit contrainte d’affronter la situation en confrontant son public à des vérités difficiles, qui n’ont, cette fois, rien de drôle.
Le mot du comité de sélection - Catherine Vaillancourt-Laflamme
En Israël, l’humour semble une « arme » bien inusitée pour faire prendre conscience de vérités qui sont, pour certaines personnes, inconfortables mais qui expliquent néanmoins les tensions extrêmes qui meurtrissent ce pays depuis des décennies. Coexistence My ass met en scène l'activiste et humoriste israélienne Noam Shuster Eliassi alors qu’elle prépare un spectacle solo, qui aborde de plein fouet -et sans scrupule - le conflit israélo-palestinien et ses causes profondes. Pendant cinq années tumultueuses, le film retrace son parcours personnel, professionnel et politique sur fond de troubles croissants. Il offre un point de vue trop peu répandu : celui d’une alternative politique progressiste, juive et israélienne qui milite résolument pour des droits égaux pour le peuple palestinien sans lesquels, aucune coexistence ne pourra exister.
Synopsis
En 2093, le cinéaste Kuve se rend à Umata pour documenter les conséquences d'une guerre qui a fait revivre d'anciens royaumes. Là, il rencontre Mumbi, qui le met au défi de faire son film sans IA. Alors que Kuve cherche sa propre voix, il commence à comprendre que même dans un monde brisé, la beauté peut être trouvée dans les petits moments humains que nous négligeons souvent.
Le mot du comité de sélection - Eva-Rose Kapfer
On s’interroge beaucoup sur la place de l’intelligence artificielle dans l’art, sur les manières de l’utiliser, sa pertinence, l’impact qu’elle peut apporter (ou non). Ici, les opinions de Kuve et Mumbi s’opposent, Mumbi maintient que jamais l’IA ne pourra remplacer le vivant, ni l’intention première d’un cinéaste. Kuve, lui, a envie d’essayer de relever son défi : faire un film sans IA. Le décor est singulier : un Kenya futuriste qui se remet d’une guerre destructrice. Pas de hauts bâtiments gris ou de villes cyber-punk comme on peut le voir dans d’autres films de science-fiction, dans MEMORY OF PRINCESS MUMBI, les paysages sont colorés, la nature luxuriante, les maisons en pleine reconstruction et les villes animées et grouillantes de monde. La caméra de Kuve nous raconte un histoire d’amour, à la fois entre un homme et une femme et encore un cinéaste et son art, les deux sans cesse entrain d’évoluer. A quel point ce que l’on filme retranscrit-il la réalité ? Comment l’IA peut-elle devenir un outil pour aider à se souvenir ?
Dimanche 18 janvier 2026
Synopsis
Après une interruption de 31 ans, le producteur de renommée mondiale Alexander Rodnyansky revient au documentaire avec Notes of a True Criminal. Né à Kyiv, Rodnyansky a été condamné par contumace par un tribunal russe à huit ans et demi de prison en raison de sa position anti-guerre. Dans ce film, il réfléchit aux événements majeurs de l’histoire de l’Ukraine et à la manière dont ils ont influencé sa vie et celle de sa famille : le référendum sur l’indépendance de l’Ukraine, l’exécution massive des Juifs à Babyn Yar, Tchernobyl, l’effondrement de l’Union soviétique, le retrait des troupes soviétiques d’Allemagne et, bien sûr, la guerre, l’invasion à grande échelle de l’armée russe commencée le 24 février 2022. Le récit de l’auteur ne se concentre pas sur les événements eux-mêmes, mais sur les individus, les destins humains et l’art. Rodnyansky utilise des images tirées de ses propres documentaires ainsi que de ceux de membres de sa famille pour raconter une histoire nouvelle et profondément humaine.
Le mot du comité de sélection - Luka Martineau
Alexander Rodnyansky, producteur ukrainien des plus grand réalisateurs russes (Alexandre Sokourov ou Andreï Zvaguintsev) ou du Cloud Atlas des sœurs Wachowski, revient au documentaire trente ans après sa dernière réalisation, alors qu’il a été condamné par contumace pour sa position anti-guerre en Russie. Il livre ici une fresque monumentale sur l’histoire de son pays, de la Première guerre mondiale aux massacres des juifs de Babi Yar, de la catastrophe de Tchernobyl à l’indépendance des années 90. Le spectateur est entraîné dans un magma d’images diverses (archives, extraits des films du réalisateur...) qui racontent de manière très personnelle ce que veut dire appartenir au peuple ukrainien, tout au long du XXe siècle, et peut-être encore plus depuis l’invasion russe. L’histoire se répète sans cesse, et si la paix adviendra, la guerre fera retour, encore et encore. Rodnyansky nous le dit, vivre en Ukraine, c’est charrier continuellement avec soi des fantômes, ceux du passé, du présent, mais aussi du futur.
Synopsis
Dans l’Irak de Saddam Hussein, Lamia, 9 ans, se voit confier la lourde tâche de confectionner un gâteau pour célébrer l’anniversaire du président. Sa quête d’ingrédients, accompagnée de son ami Saeed, bouleverse son quotidien.
Le mot du comité de sélection - Régine Arniaud
La Caméra d'Or du 78ème Festival de Cannes est l'un des films les plus efficaces, tournés récemment sur l'Irak de Saddam Hussein. Son réalisateur, le cinéaste irakien Hasan Hadi a eu l'intelligence de traiter l'absurdité et la cruauté de ce régime autoritaire, non pas frontalement, mais en arrière plan, par touches rapides presque subliminales. La présence en tout lieu, d'affiches avec la photo du dictateur, de sons de propagandes, de visages douloureux, en colère ou effrayés, sont bien plus efficaces qu'un étalage de scènes de violence. A travers le road movie de deux enfants de 9 ans, Lamia et Saeed, le réalisateur fait un état des lieux lucide et impitoyable, d'un peuple opprimé et saigné à blanc par ses dirigeants. La petite Lamia a été tirée au sort par son instituteur, elle doit confectionner un gâteau pour que son village puisse célébrer dignement, l'anniversaire du président. Mais l’Irak des années 1990 subit des sanctions internationales plongeant le pays dans la pauvreté. Peu importe, Saddam Hussein exige de son peuple des démonstrations de ferveur somptueuses pour son anniversaire. La quête d'ingrédients simples comme des œufs, de la farine, ou encore du lait, va servir de révélateur, mettant en lumière bien mieux que des discours, les difficultés que rencontrent, à cette époque, les irakiens dans leur vie quotidienne. LE GÂTEAU DU PRÉSIDENT c'est une fable, un conte pour enfant à double lecture, une mise en valeur de la débrouille et de la solidarité comme une solution à la survie. On est plus fort ensemble pourrait résumer ce film poignant, intelligent et somme toute universel.
Synopsis
Le film subtilement humoristique de Nima Shirali suit une communauté installée entre le lac salé de Katwe, en Ouganda, et un parc national. À travers les yeux d’un enseignant enthousiaste, d’un gardien désabusé et d’une mère pleine d’esprit, le lac salé apparaît comme une source de vie essentielle. Au fil des récoltes et des inondations, le lac se transforme, passant d’un symbole d’identité locale et d’une industrie prometteuse à celui d’un échec du développement. Le faible prix du sel s’ajoute aux conditions de travail toxiques qui accablent les habitants. Et pourtant, pour beaucoup à Katwe, il reste la seule voie possible vers un avenir meilleur. Tandis qu’un politicien local flamboyant au style rétro tente d’imposer de grands projets à une mine et à une communauté en déclin, la population s’interroge sur ce que l’avenir lui réserve.
Le mot du comité de sélection - Paul Cabanes
En Ouganda vit une communauté au quotidien rythmé par les humeurs des eaux du lac salé de Katwe. Depuis des générations, le sel qui se forme à sa surface est extrait, puis vendu pour trop peu à des entreprises qui font fortune sur le dos des mineurs de sel de Katwe. Mais si les caprices du lac, du temps, et de l’argent ont durement touché la communauté, l’ardeur de ses membres parait pourtant intacte. Dans ce vibrant documentaire de Nima Shirali, on est frappé de toutes parts. Par la désillusion de ses habitants qui se teinte d’enthousiasme. Par l’humour qui se fait rempart face au quotidien absurde. Par les marques du travail, sur les corps et sur la terre. KATWE est un film aux images superbes, et les femmes et les hommes qui les peuplent, leur résilience et leur entêtement à ne pas laisser leur communauté mourir vous étonneront.
Synopsis
Les habitants de Boutcha, en Ukraine, reconstruisent leur ville à partir des décombres après avoir survécu aux horreurs de l’occupation russe. Un jeune couple marié, une écolière, un fonctionnaire municipal et une femme au foyer âgée ont tous traversé les épreuves douloureuses de la guerre, mais parviennent malgré tout à préserver l’espoir et la solidarité.
Mais comment se reconstruire face à un traumatisme grandissant, alors que la guerre fait toujours rage dans le pays ? À mesure que l’espoir d’une vie paisible s’amenuise, ils doivent affronter les tensions croissantes au sein de leurs communautés. Tourné sur une période de trois ans, le film fait suite à When Spring Came To Bucha et suit cinq protagonistes dans leur parcours à travers les méandres du conflit intérieur, du traumatisme et du désir de justice, tout en posant la question de l’avenir d’une société en guerre.
Le mot du comité de sélection - Luka Martineau
Lorsque la guerre a tout détruit, le quotidien doit se réinventer, se reconstruire autour de petites victoires sur l’adversité, de petits riens qui font tout, et qui permettent d’esquisser une reconstruction physique et intime. C’est ce lent processus que décrivent Mila Teshiaeva et Marcus, en filmant ce qu’il reste de la ville de Boutcha après que l’invasion russe ait reflué et alors qu’il s’agit désormais de compter ses morts, de rassembler ce qu’il reste et qui servira de base pour envisager un nouveau futur. Cette réparation prend différentes formes, celle de la justice avec la dénonciation des crimes de guerre, ou du recueillement avec la possibilité retrouvée d’offrir une dernière demeure aux victimes. Il faudra également préparer le futur, et éduquer les futures générations sur les dangers des armes de guerre. Et si l’image emblématique du film et de son propos résidait dans cet arbre de Noël défraichi dégotté pour apporter un peu de gaieté dans un appartement éventré ?
Synopsis
Au début des années 1990 en République tchèque, Karolína, 13 ans, décroche une place dans une chorale de jeunes filles mondialement réputée, rejoignant sa sœur aînée et d’autres jeunes talents ambitieux. Sa voix attire rapidement l’attention du chef de chœur, Machá, admiré et énigmatique. Être ainsi distinguée lui semble d’abord une victoire, jusqu’à ce qu’elle comprenne le prix troublant de ce privilège. Inspiré de l’affaire des Bambini di Praga, le film explore la frontière fragile où l’innocence se heurte à l’abus de pouvoir.
Le mot du comité de sélection - Henzo Lefèvre
Avec son long-métrage BROKEN VOICES, Ondrej Provaznik livre un film frontal et nécessaire qui nous interpelle profondément. À travers le portrait d’une chorale de jeunes adolescentes et de leur chef d’orchestre charismatique, le cinéaste explore avec une grande justesse les mécanismes de l’emprise et de la pédocrimanilité.
Sans jamais tomber dans le spectaculaire ni le sensationnalisme, le film s’attache avant tout à montrer comment l’abus s’installe, comment il se dissimule derrière l’autorité, l’excellence artistique et le respect social. Mais au-delà des faits, BROKEN VOICES interroge surtout nos sociétés : celles qui ont détourné et qui, trop souvent encore, continuent de détourner le regard. Le film met en lumière les lâchetés individuelles et collectives, les silences institutionnels, les inconsciences, qui permettent à l’irréparable de se produire.
Par sa mise en scène précise et sa délicatesse de regard sur ses jeunes personnages, Ondrej Provaznik signe une œuvre à la fois bouleversante et salutaire, qui nous oblige à affronter une réalité dérangeante et à questionner notre responsabilité collective face aux situations d’abus.
Synopsis
À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable.
Le mot du comité de sélection - Henzo Lefèvre
Pour son premier long-métrage, Mélisa Godet nous plonge au coeur de La Maison des Femmes de Saint-Denis, un lieu de soin, d’accompagnement et de reconstruction dédié aux femmes victimes de violences. Une structure créée en 2016 dont l’histoire n’est pas anodine car elle est d’une part essentielle, mais d’autre part étendue à six autres villes en France. Avec un casting impressionnant, la réalisatrice nous offre une œuvre de fiction importante sur le sujet des violences sexistes et sexuelles. Avec un scénario intelligent, le film atteint pleinement son intention : nous montrer la réalité la plus concrète de ce que subissent les femmes victimes et à quel point les VSS détruisent des vies.
Synopsis
Tereza a vécu toute sa vie dans une petite ville industrielle d’Amazonie. Le jour venu, elle reçoit l'ordre officiel du gouvernement de s’installer dans une colonie isolée pour personnes âgées, où elles sont amenées à « profiter » de leurs dernières années. Tereza refuse ce destin imposé et décide de partir seule à l'aventure, découvrir son pays et accomplir son rêve secret…
Le mot du comité de sélection - Eva-Rose Kapfer
Que faire de toutes ces personnes âgées dont personne ne veut s’occuper ? Dans un Brésil presque dystopique, le gouvernement semble avoir trouvé une solution. Tereza a soixante-dix-sept ans et elle vient d’être « promue » au rang de « citoyenne historique » : elle est désormais attendue dans une colonie où sont rassemblées et isolées les personnes considérées trop âgées pour continuer de vivre seules en ville. Mais Tereza n’a jamais rien connu d’autre que sa petite ville industrialisée et son besoin d’indépendance et d’autonomie s’agite. Prête à tout pour rester maître d’elle-même, elle se jette corps et âme dans l’inconnu du reste du Brésil. On embarque alors dans un road movie sur le fleuve Amazone à travers les paysages ruraux du Brésil et à la rencontre d’une population elle-aussi en quête d’émancipation. Pour la première fois, Tereza explose sa zone de confort et découvre toutes les facettes de son pays, toutes les manières possible d’exister.
Synopsis
L’Union européenne voulait faire de la ville désertique d’Agadez son ancrage sécuritaire dans la région du Sahel. Cependant, après douze ans, toutes les organisations militaires et civiles occidentales ont été contraintes de quitter le Niger. Trois habitants de la ville racontent leurs expériences au cours des cinq dernières années.
Synopsis
Palestine, 1936. La grande révolte arabe, destinée à faire émerger un État indépendant, se prépare alors que le territoire est sous mandat britannique.
Le mot du comité de sélection - Matthieu Bonnery
Depuis deux ans, l’actualité nous ramène quotidiennement en Palestine, cristallisant les oppositions et ouvrant la porte à beaucoup d’approximations et de mensonges. À ce titre, ce film est nécessaire, car il vient rappeler un fait historique bien souvent passé sous silence : le sort de la région s’est joué à Londres dans les années 30, au terme de négociations politiques entre le mouvement sioniste (conçu un outil politique et non religieux) et la monarchie britannique. Ce sont les conséquences de ces décisions que le film nous raconte, dans une fable cruelle, injuste et irréversible. Pour ce faire, il fait appel à une écriture sans faille et à une réalisation brillante, servie notamment par un casting international de très grande qualité. On peut espérer que cette œuvre aura un fort retentissement au FIFP et ailleurs : le message qu’elle porte le mérite amplement !
Synopsis
À Tbilissi, Zhanaa, une mère sans abri, se tourne vers la gestation pour autrui afin d’offrir une vie plus sûre à sa fille adolescente, Elene. Tentant de cacher ses grossesses à Elene, Zhanaa continue pourtant de faire face à d’importantes difficultés financières. En l’absence de réelle réglementation, elle pousse son corps à l’extrême en enchaînant les accouchements, mettant en danger ses organes et risquant sa propre vie.
Alors que la santé de Zhanaa se dégrade, Elene grandit et finit par confronter sa mère à ses choix et à leurs conséquences. À travers une amitié de plus de dix ans entre la réalisatrice et ce duo mère-fille, le film explore l’évolution de leur relation et interroge les limites du sacrifice maternel.
Synopsis
Expulsé de sa famille d’accueil, Christy, 17 ans, débarque chez son demi-frère, jeune papa, qu’il connait peu. Son frère vit mal cet arrangement qu’il espère temporaire, mais Christy se sent vite chez lui, dans ce quartier populaire de Cork, se faisant des amis et renouant avec la famille de sa mère. Les deux frères vont devoir se confronter à leur passé tumultueux pour envisager un avenir commun.
Le mot du comité de sélection - Régine Arniaud
Les drames sociaux au cinéma, sont souvent, pour ceux qui les regardent, des parcours du combattant. Au fil des minutes, on plie, comme les héros du film, sous les lourdes épreuves. Assommé par l'acharnement d'un destin impitoyable, on se retrouve quasiment en apnée, avec une seule envie, fuir cette histoire, certes bien intentionnée, mais étouffante de sordidité... Et bien « Christy et son frère » du réalisateur irlandais Bendan Canty, échappe totalement à cette logique et heureusement. Il y a de la douleur certes, mais il y a surtout de la vie, de la joie et c'est la très grande force du film. La prestation du jeune Danny Power y est pour beaucoup. Sa petite bouille renfrognée et touchante prends au tripe. C'est son 1er rôle au cinéma, il incarne avec talent Christy, 18 ans dans quelques semaines et mis à la porte de sa famille d’accueil. Son grand frère Shane le récupère chez lui et le fait engager sur les chantiers de peinture où il travaille. Christy revient ainsi dans le quartier de sa petite enfance. Les secrets, les traumatismes et les drames familiaux enfouis ressurgissent. La violence est sous-jacente, mais Christy lutte, refusant d’être réduit à ce que les autres veulent pour lui. Sur son chemin de résilience, il va donner un sens à sa vie et se construire un avenir. Brendan Canty a tourné dans un endroit qu'il connait bien, le nord de Cork, petite ville irlandaise de la côte sud-ouest. Il s'inspire de ce qu'il y a vu, ce qui explique, en partie, la grande justesse des situations, des personnages et des dialogues. Face aux épreuves, aux tentations, les liens se renouent, la solidarité s'exprime, au sein d'une famille comme d'une communauté. C'est beau, lumineux, puissant, sans misérabilisme et sans pathos. Pour un premier film, « Christy et son frère » est un coup de maître. Il a d'ailleurs remporté Le Grand Prix Génération au Festival de Berlin 2025.
Synopsis
Les habitants de Boutcha, en Ukraine, reconstruisent leur ville à partir des décombres après avoir survécu aux horreurs de l’occupation russe. Un jeune couple marié, une écolière, un fonctionnaire municipal et une femme au foyer âgée ont tous traversé les épreuves douloureuses de la guerre, mais parviennent malgré tout à préserver l’espoir et la solidarité.
Mais comment se reconstruire face à un traumatisme grandissant, alors que la guerre fait toujours rage dans le pays ? À mesure que l’espoir d’une vie paisible s’amenuise, ils doivent affronter les tensions croissantes au sein de leurs communautés. Tourné sur une période de trois ans, le film fait suite à When Spring Came To Bucha et suit cinq protagonistes dans leur parcours à travers les méandres du conflit intérieur, du traumatisme et du désir de justice, tout en posant la question de l’avenir d’une société en guerre.
Le mot du comité de sélection - Luka Martineau
Lorsque la guerre a tout détruit, le quotidien doit se réinventer, se reconstruire autour de petites victoires sur l’adversité, de petits riens qui font tout, et qui permettent d’esquisser une reconstruction physique et intime. C’est ce lent processus que décrivent Mila Teshiaeva et Marcus, en filmant ce qu’il reste de la ville de Boutcha après que l’invasion russe ait reflué et alors qu’il s’agit désormais de compter ses morts, de rassembler ce qu’il reste et qui servira de base pour envisager un nouveau futur. Cette réparation prend différentes formes, celle de la justice avec la dénonciation des crimes de guerre, ou du recueillement avec la possibilité retrouvée d’offrir une dernière demeure aux victimes. Il faudra également préparer le futur, et éduquer les futures générations sur les dangers des armes de guerre. Et si l’image emblématique du film et de son propos résidait dans cet arbre de Noël défraichi dégotté pour apporter un peu de gaieté dans un appartement éventré ?
Synopsis
Après qu'un adolescent palestinien a été entraîné dans une manifestation en Cisjordanie, sa mère raconte l'histoire de sa famille, faite d'espoir, de courage et de lutte acharnée, qui a conduit à ce moment fatidique.
Le mot du comité de sélection - Annick Pillosio
Dans les instants qui suivent la confrontation d’un adolescent palestinien à des soldats israéliens, lors d’une manifestation en Cisjordanie, au cours de laquelle le garçon est blessé et transporté à l’hôpital, sa mère raconte la série d’évènements qui ont conduit à ce moment tragique, l’histoire de sa famille faite d’espoir, de courage et de lutte acharnée. Le film raconte l’histoire d’une famille palestinienne à travers trois générations. Ce parti pris permet de couvrir une longue période, de 1948 à nos jours. L’interprétation de Cherien Dabis qui est aussi la metteure en scène, est très forte et donne au personnage plus de sincerité et d’authenticité. En choisissant de raconter l’histoire d’une famille, le film rend plus concrète l’histoire de tout un peuple et les conséquences de la guerre, de l’exil et de la perte. En tant que spectateur on ne peut qu’être touché et invité à se questionner sur les thèmes abordés dans ce long métrage, les enjeux d’exil, la notion de chez soi, ce que l’on laisse derrière soi et ce que l’on emporte.
Synopsis
Palestine, 1936. La grande révolte arabe, destinée à faire émerger un État indépendant, se prépare alors que le territoire est sous mandat britannique.
Le mot du comité de sélection - Matthieu Bonnery
Depuis deux ans, l’actualité nous ramène quotidiennement en Palestine, cristallisant les oppositions et ouvrant la porte à beaucoup d’approximations et de mensonges. À ce titre, ce film est nécessaire, car il vient rappeler un fait historique bien souvent passé sous silence : le sort de la région s’est joué à Londres dans les années 30, au terme de négociations politiques entre le mouvement sioniste (conçu un outil politique et non religieux) et la monarchie britannique. Ce sont les conséquences de ces décisions que le film nous raconte, dans une fable cruelle, injuste et irréversible. Pour ce faire, il fait appel à une écriture sans faille et à une réalisation brillante, servie notamment par un casting international de très grande qualité. On peut espérer que cette œuvre aura un fort retentissement au FIFP et ailleurs : le message qu’elle porte le mérite amplement !
Synopsis
Dans l’Irak de Saddam Hussein, Lamia, 9 ans, se voit confier la lourde tâche de confectionner un gâteau pour célébrer l’anniversaire du président. Sa quête d’ingrédients, accompagnée de son ami Saeed, bouleverse son quotidien.
Le mot du comité de sélection - Régine Arniaud
La Caméra d'Or du 78ème Festival de Cannes est l'un des films les plus efficaces, tournés récemment sur l'Irak de Saddam Hussein. Son réalisateur, le cinéaste irakien Hasan Hadi a eu l'intelligence de traiter l'absurdité et la cruauté de ce régime autoritaire, non pas frontalement, mais en arrière plan, par touches rapides presque subliminales. La présence en tout lieu, d'affiches avec la photo du dictateur, de sons de propagandes, de visages douloureux, en colère ou effrayés, sont bien plus efficaces qu'un étalage de scènes de violence. A travers le road movie de deux enfants de 9 ans, Lamia et Saeed, le réalisateur fait un état des lieux lucide et impitoyable, d'un peuple opprimé et saigné à blanc par ses dirigeants. La petite Lamia a été tirée au sort par son instituteur, elle doit confectionner un gâteau pour que son village puisse célébrer dignement, l'anniversaire du président. Mais l’Irak des années 1990 subit des sanctions internationales plongeant le pays dans la pauvreté. Peu importe, Saddam Hussein exige de son peuple des démonstrations de ferveur somptueuses pour son anniversaire. La quête d'ingrédients simples comme des œufs, de la farine, ou encore du lait, va servir de révélateur, mettant en lumière bien mieux que des discours, les difficultés que rencontrent, à cette époque, les irakiens dans leur vie quotidienne. LE GÂTEAU DU PRÉSIDENT c'est une fable, un conte pour enfant à double lecture, une mise en valeur de la débrouille et de la solidarité comme une solution à la survie. On est plus fort ensemble pourrait résumer ce film poignant, intelligent et somme toute universel.
Synopsis
Sous le soleil brûlant de Maspalomas, aux îles Canaries, Vicente savoure depuis vingt-cinq ans une retraite insouciante. Mais un accident l’arrache à son paradis. Rapatrié à Donostia, il est placé par sa fille dans une maison de repos où le temps semble figé et où ressurgissent les fantômes du passé. A nouveau contraint de masquer son identité, une seule idée l’obsède : s’évader… et retrouver la liberté de Maspalomas.
Le mot du comité de sélection - Robin Berthomieu
Maspalomas est, de toute évidence, un film marquant. D’une part par sa thématique, le troisième âge et la liberté de vivre sa vie comme on l’entend, et d’autre part par sa forme, portée par des choix visuels forts, charnels et une esthétique particulièrement soignée. Le duo Aitor Arregi et José Mari Goenaga nous présente Vicente, un protagoniste profondément attachant qui n’a pu assumer son homosexualité que tardivement, mais qui profite désormais pleinement de la vie à Maspalomas, au sud des îles Canaries. Son équilibre s’effondre lorsqu’un accident de santé le projette, du jour au lendemain et malgré lui, dans un univers cauchemardesque, à l’opposé de celui qu’il désire. Avec une grande sincérité, les réalisateurs abordent également le thème de l’amour au troisième âge, rarement exploré au cinéma. Jose Ramón Soroiz, dans le rôle de Vicente, livre une prestation remarquable, tout comme l’ensemble des acteurs qui l’accompagnent dans cette très belle histoire.
Synopsis
Fleur et Julian tombent follement amoureuses et décident de se marier dans chaque pays où leur union peut être légalement reconnue. Portées par leur amour et leur engagement, elles s’élancent coeur et âme dans ce projet. Mais après seulement quatre mariages, leur parcours va s’interrompre brusquement.
Le mot du comité de sélection - Paul Cabanes
Julian nous raconte l’amour et l’engagement de Fleur et Julian, portées par un projet simple et audacieux : se marier dans tous les pays où le mariage pour tous est légal. Lorsque la maladie frappe l’une d’elles, l’engagement se retrouve confronté à une épreuve intime et imprévisible. Cette bascule donne à voir une profondeur humaine qui dépasse la seule revendication, et questionne le sens donné au militantisme quand il est mis à l’épreuve du pire. Que faire quand la lutte dans le monde se mue en lutte dans sa vie, pour sa vie ? Le film rayonne de leur détermination, leur enthousiasme, et de la force d’un combat mené avec dignité et conviction. Adapté du livre de Fleur elle-même, le film est un témoignage puissant : il rappelle que derrière les luttes politiques se trouvent des vies réelles, des amours, des fragilités. Julian célèbre le courage d’avancer malgré l’adversité et nous invite à regarder l’engagement militant comme un être vivant, qui évolue, se heurte, et continue à porter l’espoir.
Synopsis
Only on Earth nous entraîne dans un voyage immersif et visuellement saisissant au cœur du sud de la Galice, l’une des régions d’Europe les plus vulnérables face aux incendies. Durant l’été le plus chaud jamais enregistré, humains et animaux luttent pour s’adapter alors que des feux inextinguibles se rapprochent inexorablement.
Depuis des siècles, les chevaux sauvages parcourent les montagnes galiciennes, jouant un rôle essentiel dans la prévention des incendies en limitant la végétation inflammable. Mais leur nombre décline, tandis que le développement humain entre en conflit avec la nature. À travers le regard de ces chevaux, d’un jeune cow-boy, d’un analyste du feu chevronné, d’une vétérinaire passionnée et d’une famille d’agriculteurs en première ligne, le film explore la fragile harmonie entre le monde naturel et nos relations avec le vivant.
Le mot du comité de sélection - Francine Raymond
Au nord-ouest du Portugal, dans la région de Galice en Espagne, ONLY ON EARTH s’immerge dans une zone où le dérèglement climatique déclenche des incendies incessants. Le feu y devient un horizon quotidien. Sans voix-off ni explications didactiques, le film ne raconte pas, il nous plonge dans un univers. Deux personnages servent de fil rouge à ce récit où les flammes surgissent a une vitesse irréelle : un vétérinaire et un garde forestier, tous deux déterminés à protéger les habitants et les chevaux sauvages qui vivent dans ces collines. Au milieu du grondement des brasiers, des messages radio et de la fumée qui dévore le ciel, des images fortes et une atmosphère presque hypnotique. Dans ce territoire humains et animaux, confrontés au même péril, tentent de résister à une catastrophe qui les dépasse. On en ressort ébranlés, conscients que ce qui se joue ici peut se reproduire ailleurs.
Synopsis
Sous le soleil brûlant de Maspalomas, aux îles Canaries, Vicente savoure depuis vingt-cinq ans une retraite insouciante. Mais un accident l’arrache à son paradis. Rapatrié à Donostia, il est placé par sa fille dans une maison de repos où le temps semble figé et où ressurgissent les fantômes du passé. A nouveau contraint de masquer son identité, une seule idée l’obsède : s’évader… et retrouver la liberté de Maspalomas.
Le mot du comité de sélection - Robin Berthomieu
Maspalomas est, de toute évidence, un film marquant. D’une part par sa thématique, le troisième âge et la liberté de vivre sa vie comme on l’entend, et d’autre part par sa forme, portée par des choix visuels forts, charnels et une esthétique particulièrement soignée. Le duo Aitor Arregi et José Mari Goenaga nous présente Vicente, un protagoniste profondément attachant qui n’a pu assumer son homosexualité que tardivement, mais qui profite désormais pleinement de la vie à Maspalomas, au sud des îles Canaries. Son équilibre s’effondre lorsqu’un accident de santé le projette, du jour au lendemain et malgré lui, dans un univers cauchemardesque, à l’opposé de celui qu’il désire. Avec une grande sincérité, les réalisateurs abordent également le thème de l’amour au troisième âge, rarement exploré au cinéma. Jose Ramón Soroiz, dans le rôle de Vicente, livre une prestation remarquable, tout comme l’ensemble des acteurs qui l’accompagnent dans cette très belle histoire.
Synopsis
À la fin de son mandat, le président italien Mariano De Santis, veuf et homme de foi, doit décider de promulguer une loi sur l’euthanasie tout en examinant deux demandes de grâce pour meurtre. Entre convictions religieuses, pressions politiques et souvenirs de sa femme disparue, il s’interroge sur la valeur de la vie et le sens du pardon, cherchant la frontière entre justice et compassion.
Le mot du comité de sélection - Robin Berthomieu
LA GRAZIA fait partie de ces films dont on ne peut que souhaiter la programmation au festival, tant sa justesse et sa puissance en font une œuvre incontournable. Paolo Sorrentino y met en scène Mariano De Santis, président de la République italienne, à moins de six mois de la fin de son mandat. Empli de mélancolie, il est au crépuscule de sa vie politique, mais aussi, plus intimement, de sa vie. Ayant déjà traversé six crises majeures, il se retrouve cette fois confronté à deux sujets brûlants, qui le plongent dans le doute et l’introspection : un projet de loi sur la légalisation de l’euthanasie et deux demandes de grâce présidentielle. Le duo Sorrentino–Servillo, complices de longue date, fait une nouvelle fois preuve de son excellence, l’interprétation de Toni Servillo étant tout simplement mémorable.
Synopsis
Iva travaille dans une usine de confection dans une région rurale de Bulgarie, tout en luttant contre une maladie persistante et mystérieuse. Lorsqu’il est révélé qu’elle est le premier cas de COVID dans sa petite ville, la nouvelle déclenche une spirale sans fin d’accusations, d’abord de la part des propriétaires de l’usine, désireux de se décharger de toute responsabilité, puis de ses collègues, de son fils, et finalement de toute la communauté, bien qu’Iva n’ait pas quitté sa ville depuis des années. À mesure que la stigmatisation publique d’Iva s’intensifie et que les premières victimes du virus apparaissent, elle devient rapidement une paria sociale.
Le mot du comité de sélection - Annick Pillosio
Dans MADE IN EU S.Komandarev nous plonge au cœur d'une petite ville bulgare frappée par la pandémie de Covid. Couturière dans l'usine textile, Iva est identifiée comme étant patient zéro de l'épidémie dans l'entreprise. Malade mais contrainte de travailler par crainte de perdre son emploi, Iva doit aussi faire face au ressentiment et au rejet de celles qui partagent son désarroi. Komanderev allie précision documentaire et sens du réalisme social pour donner une voix à ceux qui restent à la périphérie du rêve européen ; sa mise en scène, sobre et sans artifice, met en valeur l'humanité de ses personnages et offre un bouleversant portrait de femme, courageuse et digne. Le réalisateur formule, par ailleurs, une critique acerbe explicite par rapport à l’attitude dédaigneuse des autres états de l’Union Européenne vis-à-vis de « leurs voisins pauvres » pour qui, même la possibilité d’émigrer vers l’Europe de l’Ouest n’est pas un choix fructueux.
Synopsis
Sous le soleil brûlant de Maspalomas, aux îles Canaries, Vicente savoure depuis vingt-cinq ans une retraite insouciante. Mais un accident l’arrache à son paradis. Rapatrié à Donostia, il est placé par sa fille dans une maison de repos où le temps semble figé et où ressurgissent les fantômes du passé. A nouveau contraint de masquer son identité, une seule idée l’obsède : s’évader… et retrouver la liberté de Maspalomas.
Le mot du comité de sélection - Robin Berthomieu
Maspalomas est, de toute évidence, un film marquant. D’une part par sa thématique, le troisième âge et la liberté de vivre sa vie comme on l’entend, et d’autre part par sa forme, portée par des choix visuels forts, charnels et une esthétique particulièrement soignée. Le duo Aitor Arregi et José Mari Goenaga nous présente Vicente, un protagoniste profondément attachant qui n’a pu assumer son homosexualité que tardivement, mais qui profite désormais pleinement de la vie à Maspalomas, au sud des îles Canaries. Son équilibre s’effondre lorsqu’un accident de santé le projette, du jour au lendemain et malgré lui, dans un univers cauchemardesque, à l’opposé de celui qu’il désire. Avec une grande sincérité, les réalisateurs abordent également le thème de l’amour au troisième âge, rarement exploré au cinéma. Jose Ramón Soroiz, dans le rôle de Vicente, livre une prestation remarquable, tout comme l’ensemble des acteurs qui l’accompagnent dans cette très belle histoire.
Synopsis
D’ici 2050, le Bangladesh comptera environ 220 millions d’habitants, et une grande partie de son territoire sera durablement submergée. Cette situation pourrait entraîner le déplacement forcé de 10 à 30 millions de personnes vivant sur la côte sud du pays, poussant de nombreux Bangladais à fuir en tant que « réfugiés climatiques » — un collectif humain qui devrait atteindre 250 millions de personnes dans le monde d’ici le milieu du siècle.
À l’échelle planétaire, il s’agira de la plus grande migration de masse de l’histoire de l’humanité.
Combien de temps Dhaka pourra-t-elle résister à l’arrivée d’un nombre aussi important de personnes ? Où iront tous ces gens lorsque les villes s’effondreront ? Qui les accueillera ? Nous sommes assis sur une véritable bombe à retardement.
Le mot du comité de sélection - Catherine Vaillancourt-Laflamme
Lokhi vit avec son mari et ses deux filles à Mongla, une petite ville du sud du Bangladesh dévastée par la montée inexorable des eaux due aux changements climatiques. Sans autre solution, elle entreprend un voyage qui la mènera à Dhaka, la ville qui arbore le plus important taux de croissance au monde. BLACK WATER est un film fort. Il porte un message clair. Il met sur écran des images souvent surprenantes qui combinent fiction et documentaire. Il nous présente des personnages vulnérables mais d'une résilience incroyable, lesquels affrontent au quotidien l’instabilité climatique dans ce pays targué d’être parmi les plus vulnérables. C’est un film inquiétant qui nous laisse béat face à la migration de centaines millions de personnes laissées sans autre choix que devenir des "réfugiés du climat" dans ce pays mais également ailleurs. D’ici 2050, cette urgence climatique créera globalement 250 millions de personnes déplacées, un phénomène migratoire d’une ampleur sans précédent. BLACK WATER est donc un film d’une pertinence évidente qui donne à toutes ces statistiques un visage bien humain.
Lundi 19 janvier 2026
Synopsis
Tereza a vécu toute sa vie dans une petite ville industrielle d’Amazonie. Le jour venu, elle reçoit l'ordre officiel du gouvernement de s’installer dans une colonie isolée pour personnes âgées, où elles sont amenées à « profiter » de leurs dernières années. Tereza refuse ce destin imposé et décide de partir seule à l'aventure, découvrir son pays et accomplir son rêve secret…
Le mot du comité de sélection - Eva-Rose Kapfer
Que faire de toutes ces personnes âgées dont personne ne veut s’occuper ? Dans un Brésil presque dystopique, le gouvernement semble avoir trouvé une solution. Tereza a soixante-dix-sept ans et elle vient d’être « promue » au rang de « citoyenne historique » : elle est désormais attendue dans une colonie où sont rassemblées et isolées les personnes considérées trop âgées pour continuer de vivre seules en ville. Mais Tereza n’a jamais rien connu d’autre que sa petite ville industrialisée et son besoin d’indépendance et d’autonomie s’agite. Prête à tout pour rester maître d’elle-même, elle se jette corps et âme dans l’inconnu du reste du Brésil. On embarque alors dans un road movie sur le fleuve Amazone à travers les paysages ruraux du Brésil et à la rencontre d’une population elle-aussi en quête d’émancipation. Pour la première fois, Tereza explose sa zone de confort et découvre toutes les facettes de son pays, toutes les manières possible d’exister.
Synopsis
Après une interruption de 31 ans, le producteur de renommée mondiale Alexander Rodnyansky revient au documentaire avec Notes of a True Criminal. Né à Kyiv, Rodnyansky a été condamné par contumace par un tribunal russe à huit ans et demi de prison en raison de sa position anti-guerre. Dans ce film, il réfléchit aux événements majeurs de l’histoire de l’Ukraine et à la manière dont ils ont influencé sa vie et celle de sa famille : le référendum sur l’indépendance de l’Ukraine, l’exécution massive des Juifs à Babyn Yar, Tchernobyl, l’effondrement de l’Union soviétique, le retrait des troupes soviétiques d’Allemagne et, bien sûr, la guerre, l’invasion à grande échelle de l’armée russe commencée le 24 février 2022. Le récit de l’auteur ne se concentre pas sur les événements eux-mêmes, mais sur les individus, les destins humains et l’art. Rodnyansky utilise des images tirées de ses propres documentaires ainsi que de ceux de membres de sa famille pour raconter une histoire nouvelle et profondément humaine.
Le mot du comité de sélection - Luka Martineau
Alexander Rodnyansky, producteur ukrainien des plus grand réalisateurs russes (Alexandre Sokourov ou Andreï Zvaguintsev) ou du Cloud Atlas des sœurs Wachowski, revient au documentaire trente ans après sa dernière réalisation, alors qu’il a été condamné par contumace pour sa position anti-guerre en Russie. Il livre ici une fresque monumentale sur l’histoire de son pays, de la Première guerre mondiale aux massacres des juifs de Babi Yar, de la catastrophe de Tchernobyl à l’indépendance des années 90. Le spectateur est entraîné dans un magma d’images diverses (archives, extraits des films du réalisateur...) qui racontent de manière très personnelle ce que veut dire appartenir au peuple ukrainien, tout au long du XXe siècle, et peut-être encore plus depuis l’invasion russe. L’histoire se répète sans cesse, et si la paix adviendra, la guerre fera retour, encore et encore. Rodnyansky nous le dit, vivre en Ukraine, c’est charrier continuellement avec soi des fantômes, ceux du passé, du présent, mais aussi du futur.
Synopsis
Dans les rues de Bagdad, Chum-Chum, 9 ans, diabétique et rêveur, croit que le Tigre cache une porte vers Irkalla, le monde souterrain où il peut ranimer ses parents disparus – une idée venue de la légende de Gilgamesh. Lorsque son ami Moody est mêlé à un complot de la milice, Chum-Chum doit choisir entre mythe et vérité. Un récit de deuil et de foi, une quête de lumière dans une ville qui refuse de mourir.
Le mot du comité de sélection - Matthieu Bonnery
« Irkalla », c’est l’enfer pour les Mésopotamiens. Nous sommes en 2019, et rien n’a changé à Bagdad, secouée par une révolte de la jeunesse qui sera écrasée dans le sang par les milices. Au travers des yeux d’une bande d’enfants des rues et de leur éducatrice, on saisit toute l’ampleur des traumatismes, collectifs ou intimes, qu’a traversé le pays à l’échelle de deux générations. Tous les personnages ont été brisés par la dictature de Saddam Hussein, les sanctions internationales, l’invasion américaine ou les exactions de Daesh, et tentent de survivre dans l’ancienne Babylone, devenue un cloaque violent et corrompu. Pour ce faire, certains devront faire des choix douloureux, irréversibles et franchir des limites dont ils ne reviendront pas… Un film puissant, désespéré qui nous rappelle à quel point, année après année, le cinéma iraquien tente d’exorciser les démons de son pays.
Synopsis
Russie, dans les années 1990. L’URSS s’effondre. Dans le tumulte d’un pays en reconstruction, un jeune homme à l’intelligence redoutable, Vadim Baranov, trace sa voie. D’abord artiste puis producteur de télé-réalité, il devient le conseiller officieux d’un ancien agent du KGB promis à un pouvoir absolu, le futur « Tsar » Vladimir Poutine. Plongé au cœur du système, Baranov devient un rouage central de la nouvelle Russie, façonnant les discours, les images, les perceptions. Mais une présence échappe à son contrôle : Ksenia, femme libre et insaisissable, incarne une échappée possible, loin des logiques d’influence et de domination. Quinze ans plus tard, après s’être retiré dans le silence, Baranov accepte de parler. Ce qu’il révèle alors brouille les frontières entre réalité et fiction, conviction et stratégie. Le Mage du Kremlin est une plongée dans les arcanes du pouvoir, un récit où chaque mot dissimule une faille.
Le mot du comité de sélection - Paul Cabanes
Dernier film d’Olivier Assayas, LE MAGE DU KREMLIN est l’adaptation du roman de Giuliano da Empoli. On y suit le parcours fictif (mais criant de vérité) de Vadim Baranov. D’artiste avant-gardiste dans une Moscou effervescente et en pleine soif de liberté, il deviendra producteur de télé-réalité peu scrupuleux, pour finir éminence grise de Vladimir Poutine, son Tsar. Son intuition des émotions humaines, son sens aigu de l’image et sa compréhensions des relations ténues entre l’ordre et le chaos feront de lui un des artisans majeurs de la Russie des années 2000. Le pouvoir et son maintien comme forme d’expression artistique. L’autoritarisme à l’ère des conseillers en communication. Film envoutant servi par un casting incandescent, LE MAGE DU KREMLIN est une plongée dans la construction de la Russie contemporaine, dans la mise en place méthodique des stratégies dont on connait, aujourd’hui, l’ampleur des ambitions.
Synopsis
Héloïse n’a nulle part où aller. Elle fait la rencontre de Mallorie qui lui propose de l’héberger dans l’appartement qu’elle partage avec deux autres jeunes femmes. Héloïse va trouver là un nouveau foyer et une nouvelle famille. Mais leurs blessures passées menacent l’équilibre fragile entre ces femmes en apparence si solides.
Le mot du comité de sélection - Annick Pillosio
L’histoire commence quand une jeune fille ,Héloïse,se trouve seule en pleine nuit sans abri ni repère , à 17 ans .Elle fait la connaissance de Mallorie qui lui propose de l’héberger dans l’appartement qu’elle partage avec deux autres jeunes femmes , un refuge , un foyer provisoire . Le film dépeint le huis clos avec toutes ses forces mais aussi ses failles car ces jeunes filles portent en elles des blessures profondes . Ce premier long métrage de Bérangère Mac Neese est réaliste et direct. La réalisatrice veut montrer la vraie vie , avec ses blessures ,ses contradictions et ses espoirs . Le film est parfois très dur , mais il y a aussi beaucoup de tendresse , de solidarité entre les jeunes femmes , et de l’espoir dans les liens tissés. L’interprétation des jeunes actrices est magnifique et naturelle , l’émotion qu’elles portent donnent au film une vraie force.
Synopsis
Fleur et Julian tombent follement amoureuses et décident de se marier dans chaque pays où leur union peut être légalement reconnue. Portées par leur amour et leur engagement, elles s’élancent coeur et âme dans ce projet. Mais après seulement quatre mariages, leur parcours va s’interrompre brusquement.
Le mot du comité de sélection - Paul Cabanes
Julian nous raconte l’amour et l’engagement de Fleur et Julian, portées par un projet simple et audacieux : se marier dans tous les pays où le mariage pour tous est légal. Lorsque la maladie frappe l’une d’elles, l’engagement se retrouve confronté à une épreuve intime et imprévisible. Cette bascule donne à voir une profondeur humaine qui dépasse la seule revendication, et questionne le sens donné au militantisme quand il est mis à l’épreuve du pire. Que faire quand la lutte dans le monde se mue en lutte dans sa vie, pour sa vie ? Le film rayonne de leur détermination, leur enthousiasme, et de la force d’un combat mené avec dignité et conviction. Adapté du livre de Fleur elle-même, le film est un témoignage puissant : il rappelle que derrière les luttes politiques se trouvent des vies réelles, des amours, des fragilités. Julian célèbre le courage d’avancer malgré l’adversité et nous invite à regarder l’engagement militant comme un être vivant, qui évolue, se heurte, et continue à porter l’espoir.
Synopsis
La fièvre de l’or s’est emparée du Nord du Niger. En quête du métal précieux et malgré les risques, une armée de chercheurs a pris d’assaut les sites d’intérêt. Tandis que les camps s’installent et se démantèlent au gré des rumeurs de nouvelles pistes, Moussa et ses compagnons misent sur le filon d'Ikazan. Un film à la tension palpable, qui charrie les rêves de fortune et l'amitié.
Le mot du comité de sélection - Luka Martineau
Classé « Zone rouge » par la France, le Niger est un pays à l’instabilité politique et sécuritaire très forte, notamment dans le nord du pays, où s’est développée une économie parallèle. C’est ici, dans un décor montagneux qui évoque Mad Max, que Roland Edzard est parti à la rencontre d’un groupe de chercheurs d’or qui s’exposent aux risques pour tenter de découvrir un filon qui leur permettra d’améliorer leur quotidien. Le réalisateur réussit magnifiquement et subtilement à nous faire vivre au plus près de ces hommes, et à nous faire saisir tous les enjeux socio-économiques qui sous-tendent leur existence. On se prend à ressentir la tension qui les anime, au milieu des explosions et dans l’obscurité des cavités. Un grand film sur un territoire abandonné, arpenté par des hommes emportés par la fièvre de l’or par nécessité, au risque que celle-ci les consume entièrement.
Synopsis
Soldat dévoué à l’idéologie talibane qui a façonné son destin depuis sa naissance, Samim (23 ans) oscille entre les promesses séduisantes du martyre et la banalité de son quotidien de mari et de fermier. Son jeune frère Rafi (14 ans) idolâtre Samim, tout comme les promesses des Talibans, pour eux deux, c’est la seule vision du monde qu’ils aient jamais connue.
Le mot du comité de sélection - Robin Berthomieu
Avec Kabul, Between Prayers, Aboozar Amini nous offre une immersion rare dans l’Afghanistan des talibans, au plus proche du quotidien de jeunes soldats. Par une approche sensible, contemplative et surtout observatrice, le documentaire dévoile comment l’idéologie et l’intégrisme se referment progressivement sur la vie de ces jeunes hommes, situés à cet âge charnière et fragile entre l’adolescence et l’entrée dans l’âge adulte. Pris entre leurs convictions, l’autorité dont ils disposent et leurs aspirations encore pleines de jeunesse, ils semblent très vite perdre toute capacité de questionnement, dans une société où le moindre fragment de pouvoir devient un horizon.
Synopsis
Pasha Talankin est un héros improbable — un instituteur russe très apprécié, connu à la fois comme mentor et farceur, offrant à ses élèves un refuge sûr dans son bureau. Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le rôle de Pasha au sein de l’école change radicalement, lorsqu’il est entraîné malgré lui dans la machine de propagande de Poutine. Contraint de promouvoir les messages approuvés par l’État et horrifié par la transformation de son école et de sa communauté, il lutte contre la culpabilité et un profond sentiment d’impuissance, jusqu’à devenir un lanceur d’alerte international.
En tant que vidéaste de l’école, Pasha filme des images intimes et révélatrices du régime de Poutine, documentant la montée des groupes d’enfants militarisés, les lois répressives, le nationalisme fervent et le recrutement des élèves diplômés pour aller combattre à la guerre. Lorsqu’il apprend que sa propre vie est en danger, Pasha est contraint de planifier une évasion périlleuse hors de Russie.
Réalisé par David Borenstein et coréalisé par Pasha Talankin, ce film d’une collaboration unique est à la fois captivant et plein de vie, tout en étant profondément révélateur et bouleversant. Mr. Nobody Against Putin présente des images rares qui dévoilent l’impact profond du régime de Poutine sur la vie des Russes ordinaires, en particulier sur celle des enfants.
Le mot du comité de sélection - Francine Raymond
Pasha, instituteur dans une petite ville industrielle de Russie, filmait tout dans son école pour garder des souvenirs : les chorales, les fêtes, les enfants qui grandissent. Puis la Russie envahit l’Ukraine et tout bascule. Jour après jour, la caméra de Pasha, capte la transformation glaçante de son établissement en machine de propagande : chants militaires, affiches patriotiques, élèves happés par la guerre. Peu à peu, filmer devient dangereux. Pavel comprend qu’il recueille des preuves d’un système qui transforme l’école en outil d’endoctrinement. Il continue pourtant, en secret, jusqu’à devoir quitter la Russie pour protéger son travail et sa vie. MR NOBODY AGAINST PUTIN, coréalisé avec David Borenstein, offre une matière rare : un réel que l’état russe s’efforce de taire. Une plongée sensible, parfois bouleversante, dans la naissance de l’endoctrinement et le courage fragile qu’il faut pour résister, celui d’un homme ordinaire qui refuse de se taire.
Synopsis
Chang-woo entre en stage dans une petite entreprise, qui lui promet de l’aider à intégrer une bonne université. D’abord plein de bonne volonté, il découvre un environnement de travail fatigant où, de l’usinage à la manutention, le danger est partout. Jamais traité comme un stagiaire mais comme une main-d’œuvre bon marché, il fait contre mauvaise fortune bon cœur, sa famille ayant cruellement besoin d’argent.
Le mot du comité de sélection - Eva-Rose Kapfer
Quand entrer à l’université est presque un besoin vital, les signaux d’alerte deviennent faciles à ignorer. Peu importe le manque de prévention concernant l’utilisation du matériel, peu importe les échafaudages fragiles, peu importe l’effort physique. On a promis à Chang-Woo une place dans une bonne université si il était stagiaire dans l’entreprise, alors il va à l’usine tous les jours sans remettre en question les conditions de travail. Pourquoi le ferait-il ? Personne autour de lui ne semble en souffrir. THE FINAL SEMESTER incarne les dérives du capitalisme, la pression économique, le contexte social et la précarité coréenne. Le film parle du rêve d’une vie meilleure, d’un idéal qui paraît à la fois si proche et impossible à atteindre. C’est l’espoir, l’envie d’une génération de futurs travailleurs de s’extraire de leur classe sociale et de leur confrontation à la réalité des choses. Mais même quand ils sont mis face aux difficultés et que le rêve commence à s’effriter, ils continuent de vouloir y croire, eux qui sont convaincus d’être si proches du but.
Synopsis
Sans logement à San Francisco, Dawn et Tony trouvent du réconfort auprès de Terry et Harry qui animent des groupes de soutien à l’église de Glide. Ils les mettent au défi de surmonter les obstacles de leur situation et de défendre leur communauté. Le film tisse ensemble leurs histoires intimes de résilience et leur lutte pour reprendre leur place dans la société…
Le mot du comité de sélection - Robin Berthomieu
Dans DE CE FEU LÀ, Corinne Sullivan et Laetitia Jacquart nous plongent au cœur de l’église Glide de San Francisco, refuge de nombreuses personnes en situation de très grande précarité, sans-abri et vivant en marge d’une société américaine profondément inégalitaire. C’est dans ce lieu, à la fois sanctuaire et espace de foi, que nous découvrons et suivons le parcours croisé de femmes et d’hommes luttant quotidiennement pour exister : pour leur survie, mais aussi pour la reconnaissance de leur place dans la société, notamment en tant que personnes LGBT.
Cette immersion dans cette communauté dévoile également, avec pudeur et authenticité, la manière dont ces personnes vivent leur foi au quotidien. L’intime est ici filmé au plus proche. Histoire profondément marquée par la résilience, DE CE FEU LÀ sera sans nul doute l’un des documentaires marquants de cette huitième édition du festival.
Synopsis
Alors que la guerre menée par la Russie en Ukraine fait toujours rage, le président américain Joe Biden convainc Jens Stoltenberg de prolonger son mandat de secrétaire général de l’OTAN pour une dernière année. En visite à Kyiv, Stoltenberg promet que l’Alliance restera aux côtés de l’Ukraine « aussi longtemps qu’il le faudra ».
Mais à mesure que le soutien occidental vacille et que les divisions entre alliés s’accentuent, cette promesse semble de plus en plus fragile. Toutes les décisions de l’OTAN doivent être prises à l’unanimité. Stoltenberg doit naviguer entre les tensions et rallier l’ensemble des nations membres derrière lui.
Grâce à un accès sans précédent au cœur du pouvoir de l’OTAN, le film plonge au sein des luttes d’influence entre dirigeants mondiaux tels que Biden, Zelensky, Erdoğan et Orbán. Il raconte l’art de la diplomatie à une époque où la sécurité et la démocratie sont en péril. Jens Stoltenberg pourra-t-il tenir sa promesse faite à Zelensky ?
Le mot du comité de sélection - Henzo Lefèvre
Avec FACING WAR, Tommy Gulliksen nous entraîne là où nous n’avons pas l’habitude d’aller : au plus près de la diplomatie internationale, en quasi-intimité avec ceux qui façonnent l’histoire. Le film suit Jens Stoltenberg dans ses derniers mois à la tête de l’OTAN, offrant un regard d’une rareté totale sur les décisions et enjeux stratégiques qui structurent notre monde. Mais ce documentaire ne se limite pas à un portrait : il s’inscrit dans un contexte que nous connaissons tous, celui de la guerre en Ukraine, et questionne les dynamiques géopolitique, le poids et fonctionnement internationaux des régimes autoritaires et évidemment celui des conflits armés actuels.
Cette immersion exceptionnelle, remarquablement filmée, incroyablement montée fait de FACING WAR une œuvre majeure de cinéma politique et documentaire. C’est un immense plaisir pour le FIFP d’accueillir en France la première projection de ce film, plus que jamais nécessaire pour comprendre les enjeux d’un monde en tension.